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DÉVELOPPEMENT: De l'impulsivité à la résilience, le rôle clé des parents

Actualité publiée il y a 4 années 8 mois 5 jours
Development and Psychopathology et Developmental Review

L’impulsivité ou l’adversité à l’enfance, ne sont pas obligatoirement, un handicap à vie. Si de nombreuses études ont montré que l'impulsivité à l'enfance est associée à un risque accru d’abus de substances et de troubles du comportement et de l’humeur, à l’adolescence, ces chercheurs du CHU Sainte-Justine et de l'Université de Montréal montrent que dans un cadre familial compréhensif et équilibré, un enfant impulsif ne développera pas ces vulnérabilités. L’exemple est ici apporté avec l’excès d’alcool : les enfants impulsifs élevés dans des familles peu coercitives à l'âge de 6 ans consomment en moyenne moins d'alcool à l'âge de 15 ans que les autres enfants. Ainsi, un bon environnement familial pourrait presque transformer une vulnérabilité à l’enfance, en atout pour plus tard dans la vie.

L'auteur, Charlie Rioux, illustre cette « inversion » par le fait que de nombreux enfants exposés à des environnements éprouvants s'en sortent très bien et deviennent même plus résilients ou mieux capables de s'adapter à des conditions de vie plus difficiles. Ces enfants impulsifs, ou « enfants orchidées » peuvent « se faner » dans des conditions hostiles, mais « s'épanouir » à force d'attentions et de soins. « Elevés dans un environnement favorable, ces enfants non seulement s'en sortent bien à l'adolescence, mais ils pourraient même, à divers égards, surpasser leurs pairs moins sensibles. »


L'étude a suivi 209 jeunes nés entre 1996 et 1997. A l'âge de 6 ans, leurs mères ont renseigné le comportement (dont l'impulsivité) de leur enfant par questionnaire ainsi que les réponses des parents à ces comportements. Les chercheurs ont ensuite pris en compte les données de consommation d'alcool de ces enfants, à l'âge de 15 ans.

L'analyse des données montre que « tout » est dans les pratiques parentales :

· des pratiques coercitives fréquentes à l'âge de 6 ans avec un niveau élevé d'impulsivité à cet âge sont associées à une consommation d'alcool fréquente à 15 ans.

· À l'inverse, des pratiques maternelles peu coercitives auprès d'un enfant très impulsif à 6 ans sont associées à une consommation d'alcool moins fréquente.

Ø Ainsi, si l'impulsivité est un facteur de risque reconnu pour la consommation d'alcool à l'adolescence, ces données montrent que ce n'est pas le cas chez des enfants impulsifs mais bien entourés. Des résultats confirmés par un examen de la littérature présenté par la même équipe dans la revue Developmental Review : 14 études suggèrent que l'environnement familial est déterminant dans le développement à l'adolescence, de « troubles extériorisés » chez des enfants impulsifs.

Un rappel du rôle fondamental à jouer par les familles dans la prévention de la délinquance, des comportements antisociaux, des troubles de l'attention et de l'abus de substances chez l'enfant et l'adolescent. Un appel enfin, à une attention toute particulière et dès la petite enfance aux besoins des enfants impulsifs ou sensibles à leur environnement afin de favoriser, au maximum, leur épanouissement.

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