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DÉVELOPPEMENT : Dès 24 mois les bébés se soucient de leur réputation

Actualité publiée il y a 2 années 7 mois 1 semaine
Developmental Psychology
A l'âge de 24 mois, les enfants ne sont pas seulement conscients que d'autres personnes les évaluent, mais vont alors modifier leur comportement pour obtenir une opinion positive

Précisément, la sensibilité à la façon dont les autres vous évaluent émerge vers l’âge de 24 mois, conclut cette équipe de psychologues de l’Université d’Emory (Atlanta), avant même la capacité de pouvoir faire une phrase complète. Ces conclusions, présentées dans la revue Developmental Psychology expliquent qu’au même âge les petits enfants sont aussi capables de modifier leur comportement en conséquence.

 

C’est ce qu’explique l’auteur principal, Sara Valencia Botto, candidate au doctorat à Emory : « Notre étude montre qu'à l'âge de 24 mois, les enfants ne sont pas seulement conscients que d'autres personnes les évaluent, mais vont alors modifier leur comportement pour obtenir une opinion positive ». Un trait spécifiquement humain, cette sensibilité au regard de l’autre, que nous cherchons à contrôler systématiquement, commente le second auteur, Philippe Rochat, professeur de psychologie spécialisé dans le développement de l'enfant. Ce souci de la gestion de l'image et de la réputation est en lien avec notre peur du rejet social.

 

Les chercheurs ont mené cette étude auprès de 144 enfants âgés de 14 à 24 mois en utilisant un jouet robotisé télécommandé.

  • Dans une première expérience, un chercheur montre à un jeune enfant comment utiliser la télécommande pour faire fonctionner le robot. Le chercheur observe l'enfant avec une expression neutre ou bien se détourne en faisant semblant de lire un magazine. Lorsque l'enfant est observé, il montre plus d'inhibition en appuyant sur les boutons de la télécommande que lorsque le chercheur ne le regarde pas.
  • Dans une seconde expérience, le chercheur utilise 2 télécommandes différentes pour expliquer le maniement du jouet à l'enfant. En utilisant la première télécommande, le chercheur sourie et dit : « Wow ! N'est-ce pas génial ? « . Et en utilisant la deuxième télécommande, le chercheur fronce les sourcils et s’exclame : « Oh-oh ! Oups, oh non ! ». Après avoir invité l'enfant à jouer, le chercheur regarde à nouveau l'enfant ou bien s’en détourne pour le magazine. L’expérience montre que les enfants appuient beaucoup plus sur les boutons de la télécommande associés à la réponse positive du chercheur pendant qu’ils sont observés, et beaucoup plus sur la télécommande associée à la réponse négative lorsqu'ils ne le sont pas.
  • Au cours d'une troisième expérience, le chercheur s’exprime de manière positive et de manière neutre en fonction des 2 télécommandes. Les enfants ne choisissaient alors plus une télécommande plutôt qu’une autre en fonction du fait qu’ils se savent ou pas observés. Cette expérience de contrôle suggère que dans la seconde expérience, les enfants prenaient réellement en compte les valeurs exprimées par le chercheur lors de l'interaction avec le jouet et que leur comportement s’adapte à l’opinion du chercheur.
  • Une dernière expérience a impliqué deux chercheurs assis l'un à côté de l'autre et utilisant une télécommande. Un chercheur sourit et fait une déclaration positive en utilisant la première télécommande, le deuxième chercheur fronce les sourcils et dit : « Beurk ! Le jouet a bougé ! » en appuyant sur la même télécommande. L'enfant est ensuite invité à jouer avec le jouet tandis que les deux chercheurs regardent ou tournent le dos à l'enfant.

 

Bref, l’ensemble de ces expériences et de leurs résultats montre que les enfants sont beaucoup plus susceptibles d'appuyer sur la télécommande lorsque le chercheur qui a donné la réponse positive les regarde. Cqfd.

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