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DOULEUR et SURALIMENTATION : Des indices confirment leur corrélation

Actualité publiée il y a 7 mois 1 semaine 4 jours
PLoS ONE
On sait depuis longtemps qu'il existe une association entre la nourriture et la douleur, car les personnes souffrant de douleur chronique ont souvent des difficultés à maintenir un poids de santé (Visuel Adobe Stock 108526155)

Cette équipe de scientifiques de de l'Université de Rochester identifie ici, dans la revue PLoS ONE, des indices qui relient la douleur et la nourriture. Cette nouvelle illustration de l’axe intestin cerveau, confirme aussi un nouveau facteur d’obésité : la douleur chronique paraît  induire un changement du comportement alimentaire qui peut fréquemment conduire au développement de l'obésité.

 

On sait depuis longtemps qu'il existe une association entre la nourriture et la douleur, car les personnes souffrant de douleur chronique ont souvent des difficultés à maintenir un poids de santé. Ces chercheurs du Del Monte Institute for Neuroscience (Rochester) viennent peut-être de comprendre pourquoi : leur recherche explique comment les circuits cérébraux responsables de la motivation et du plaisir sont impactés en cas de douleur. De nouveaux mécanismes physiologiques semblent relier la douleur chronique au changement du comportement alimentaire, explique l’auteur principal, le Dr Paul Geha.

La douleur chronique induit un changement de comportement alimentaire

Eprouver du plaisir dans la nourriture provient de la façon dont notre cerveau réagit à ce que nous mangeons. Ici, lorsque les chercheurs examinent la réponse du cerveau au sucre et aux graisses. À l'aide d'un dessert à la gélatine et de pudding, les chercheurs ont modifié les apports de sucre et de graisse chez des patients souffrant de douleurs lombaires aiguës. Ils constatent que :

 

  • les patients souffrant de douleur chronique sont non seulement plus susceptibles de montrer des signaux de satiété perturbés ;
  • mais signalent aussi que les aliments riches en graisses et en glucides, comme la crème glacée et les biscuits, sont devenus problématiques pour eux au fil du temps ;
  • les scanners cérébraux de ces patients confirment objectivement des signaux de satiété perturbés.

 

Pris ensemble, ces résultats suggèrent que l'obésité chez les patients souffrant de douleur chronique n'est peut-être pas causée par le manque d’exercice, mais plutôt -ou également- par une modification du régime alimentaire.

 

Que voit-on à l’imagerie ? Les scintigraphies cérébrales des participants révèlent que le noyau accumbens - une petite zone du cerveau impliquée dans la prise de décision – joue un rôle clé dans ce changement à long terme du comportement alimentaire. Ainsi, le volume de cette petite zone cérébrale, normale chez des patients qui avaient éprouvé de la douleur, avaient opéré initialement des changements de comportement alimentaire mais dont la douleur n'était pas devenue chronique, est significativement réduite chez ceux dont la douleur est devenue chronique : en d’autres termes,

  • les personnes atteintes de douleur chronique ont un noyau accumbens plus petit.

  • Un autre résultat surprenant est que le noyau accumbens ne prédit les niveaux de plaisir lié à la nourriture que chez les patients souffrant de douleurs chroniques, ce qui suggère que cette région joue bien un rôle critique dans ce changement de comportement des patients souffrant de ce type de douleur.

 

Enfin, cette étude confirme de précédentes recherches qui suggéraient déjà qu'un noyau accumbens plus petit peut être un marqueur du risque de douleur chronique.

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