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ÉNURÉSIE NOCTURNE : Et si c’était une arythmie cardiaque ?

Actualité publiée il y a 2 semaines 4 jours 12 heures
Heart Rythm
Les arythmies cardiaques devraient être incluses dans l'évaluation diagnostique des patients normalement continents souffrant d'énurésie nocturne (ou miction involontaire pendant le sommeil) (Visuel Adobe Stock 139996162).

Les médecins ne doivent pas négliger les arythmies cardiaques comme une cause possible d'énurésie nocturne, conclut cette équipe de l’Université de Tel Aviv. L’étude, publiée dans la revue Heart Rhythm apporte de nouvelles preuves qui suggèrent en effet que les arythmies cardiaques devraient être systématiquemernt incluses dans l'évaluation diagnostique des patients normalement continents mais souffrant d'énurésie nocturne (ou miction involontaire pendant le sommeil).

 

Lorsqu'un individu normalement continent souffre d'énurésie nocturne, les médecins traitants envisagent généralement un diagnostic d’infection urinaire, de malformation anatomique, de troubles émotionnels, d’épilepsie, d'apnée du sommeil ou encore d’effets secondaires de médicaments diurétiques ou sédatifs. Cependant, ces mictions involontaires pendant le sommeil peuvent également être un symptôme d’arythmies cardiaques potentiellement mortelles.

L'arythmie cardiaque rarement envisagé dans le diagnostic de l’énurésie nocturne

La mort subite par syndrome du QT long de type 2 d'une femme de 23 ans qui avait connu deux épisodes isolés d'énurésie nocturne mais aucun autre symptôme, a incité l’équipe israélienne à examiner les protocoles en vigueur chez les médecins auprès de patients souffrant d'énurésie inexpliquée.

 

L’étude : il s’agit d’une enquête anonyme en ligne demandant aux médecins de sélectionner les tests de diagnostic qu'ils effectueraient pour un patient présentant une énurésie nocturne inattendue sans autre symptôme. L’analyse a pris en compte les réponses de 346 médecins, dont 102 pédiatres, 73 médecins généralistes, 57 spécialistes en médecine interne, 35 résidents, 37 internes et 42 étudiants en médecine avancés. 114 médecins parmi les répondants avaient plus de 3 années de pratique.

 

  • La plupart des répondants déclarent qu'ils prescrivent des analyses d'urine et des échographies rénales à la suite d'événements d'énurésie pour rechercher une maladie urinaire sous-jacente ;
  • beaucoup envisagent des tests de dépistage du diabète et des anomalies du flux urinaire ;
  • 19 % recommandent un encéphalogramme ;
  • seulement 1 % envisagent un électrocardiogramme.

 

Prises ensemble, ces données suggèrent que les arythmies ne sont pratiquement jamais envisagées dans le diagnostic d’une énurésie inexpliquée. « Pourtant ces crises arythmogènes nocturnes causées par le syndrome du QT long sont fréquentes », commente l’auteur principal, le Dr Sami Viskin, de la Sackler School of Medicine.

 

L'importance de détecter une condition sous-jacente mortelle : l’énurésie nocturne peut ainsi être un symptôme d’une condition qui si non diagnostiquée et non traitée peut être mortelle alors qu’elle est facile à détecter avec un électrocardiogramme et répond bien à un traitement approprié. Si la communauté médicale reconnaît que les arythmies peuvent être une cause importante de syncope diurne, il est important de sensibiliser les médecins, et le public au fait que ces mêmes arythmies déjà connues pour provoquer des syncopes chez le « patient éveillé » peuvent également provoquer des crises nocturnes pendant le sommeil.

 

Si ces crises nocturnes ne sont pas relevées par le patient,

l'énurésie inexpliquée peut être le seul indice permettant de dûment diagnostiquer l’arythmie cardiaque.

Et si la plupart des cas d'énurésie ne sont pas liés à un événement arythmique, en particulier chez les jeunes patients, il reste vital d'explorer cette possibilité,

et cela, en prenant notamment en compte les antécédents familiaux de mort cardiaque subite.

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