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EXERCICE : L'effet durable sur le métaboréflexe des muscles respiratoires

Actualité publiée il y a 11 mois 3 semaines 6 jours
Experimental Physiology
Les muscles respiratoires restent plus forts même après 5 semaines sans pratique de l’exercice (Visuel Adobe Stock 259298893)

Les muscles respiratoires restent plus forts même après 5 semaines sans pratique de l’exercice, révèle cette équipe de médecins du sport et de pneumologues de l’Université de Waterloo (Canada). L’étude, publiée dans la revue Experimental Physiology souligne ainsi les avantages de l’exercice, via cette amélioration persistante du métaboréflexe des muscles respiratoires, pour l'endurance physique et la qualité de vie des personnes souffrant de maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPCO), mais pas seulement.

 

La recherche montre précisément que l’entraînement des muscles respiratoires et principalement du diaphragme qui joue un rôle vital dans la respiration, apporte des avantages plus durables qu'on ne le pensait auparavant. Les gains de force musculaire des muscles respiratoires perdurent 5 semaines au moins après l'arrêt de l'entraînement.

Sans fatigue et sans essoufflement

Des muscles respiratoires plus forts apportent de multiples bénéfices de santé : une plus grande force musculaire des muscles respiratoires améliore la distribution du flux sanguin pendant l'exercice, ce qui permet à une personne de pratiquer une activité physique pendant de plus longues périodes sans fatigue et sans essoufflement.

 

  • L'amélioration de la fonction des muscles respiratoires peut contribuer également à prévenir et/ou à ralentir la progression de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), un groupe d'affections pulmonaires comprenant l'emphysème et la bronchite. Ce groupe de maladies, 3è cause de décès dans le monde peut être retardé par la réadaptation pulmonaire, comprenant un entraînement des muscles inspiratoires. Chez les patients atteints de MPOC et dont les muscles respiratoires sont affaiblis, l'entraînement permet de soulager les symptômes.
  • Enfin, les muscles respiratoires peuvent perdre leur fonction ou s'affaiblir avec le temps en cas de non-utilisation, et plus rapidement que les autres muscles du corps.

 

L’entraînement a des avantages durables pour la respiration : les muscles respiratoires restent plus forts jusqu’à 5 semaines après l’arrêt d’un entraînement ou d’un programme d’exercice physique, révèle l’équipe canadienne : elle observe ici pour la première fois, des gains musculaires similaires entre la musculation des muscles respiratoires et celle du tibial antérieur (le muscle qui descend à l'avant du tibia).

 

L’étude est ici menée auprès de 16 jeunes adultes en bonne santé répartis au hasard pour suivre, ou pas un entraînement des muscles inspiratoires deux fois par jour pendant cinq jours par semaine. A période d’intervention a ensuite été suivie de 5 semaines d'activité physique normale mais sans entraînement des muscles inspiratoires.  Le groupe témoin n'a pas participé à l'entraînement des muscles inspiratoires. Tous les participants se sont livrés à une activité physique régulière (environ à 3 reprises par semaine) tout au long de la période d'étude de 10 semaines.

 

Une modification durable du métaboréflexe : l’entraînement des muscles inspiratoires induit une modification positive du métaboréflexe des muscles respiratoires, un processus par lequel le corps régule le flux sanguin vers les membres lorsque les muscles respiratoires se fatiguent ; l'entraînement des muscles inspiratoires réduit le métaboréflexe, ce qui abaisse la fréquence cardiaque et la pression artérielle. La réduction du métaboreflex peut améliorer l'endurance d'une personne pendant l'exercice, ce qui signifie qu'elle peut s'entraîner plus longtemps avant d'atteindre l'épuisement. Les chercheurs ont constaté que

les effets sur le métaboreflexe sont préservés 5 semaines en l'absence d'entraînement.

Les muscles respiratoires peuvent être entraînés comme les autres muscles squelettiques, explique l’auteur principal, Paolo Dominelli, chercheur à l’Université de Waterloo : « L'entraînement des muscles inspiratoires peut être bénéfique pour les personnes ayant des troubles respiratoires et peut faire partie de la réadaptation pulmonaire. Connaître le laps de temps avant que la perte de la fonction musculaire ne se produise va permettre d’optimiser et de personnaliser les programmes d’exercice et/ou de réadaptation ».

 

« En démontrant que la force des muscles respiratoires persiste longtemps après la fin d’un programme d’exercice, l'étude suggère que l'entraînement n'a peut-être pas besoin d'être continu, du moins du point de vue de ses bénéfices respiratoires. Des essais cliniques sont envisagés pour tester la fréquence et la durée appropriées d’un programme de réadaptation respiratoire afin d’optimiser ses avantages pour la santé ».