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FIBRILLATION : Les AOD, des anticoagulants plus sûrs avec l’âge

Actualité publiée il y a 9 mois 2 semaines 2 jours
Canadian Journal of Cardiology
Les patients fragiles et âgés atteints de fibrillation auriculaire sont moins susceptibles de recevoir un traitement anticoagulant oral direct (AOD), bien qu'ils soient les plus susceptibles d'en bénéficier (Visuel Adobe Stock 106779070)

Cette étude publiée dans le Canadian Journal of Cardiology révèle que les patients fragiles et âgés atteints de fibrillation auriculaire sont moins susceptibles de recevoir un traitement anticoagulant oral direct (AOD), bien qu'ils soient les plus susceptibles d'en bénéficier. Prenant en compte les exigences d’observance des différents médicaments, l’équipe de l’Université d’Alberta (Canada) appelle les médecins à mieux personnaliser le traitement anticoagulant en fonction de l’âge et de la fragilité du patient.

 

Les patients atteints de fibrillation auriculaire (FA) risquent de former des caillots qui peuvent migrer vers le cerveau et provoquer des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Ces complications peuvent être évitées avec un traitement anticoagulant. 2 classes d’anticoagulants oraux sont actuellement disponibles : les anticoagulants oraux antivitamine K (AVK) utilisés en cas de fibrillation auriculaire valvulaire ou non valvulaire et les anticoagulants oraux d’action directe (AOD) utilisés en cas de fibrillation auriculaire non valvulaire.

 

Introduits plus récemment sur le marché, les AOD sont apparus comme une option plus sûre pour les patients atteints de FA que le traitement traditionnel à la warfarine (AVK fréquemment prescrit) et plus pratique en raison de la surveillance étroite nécessaire avec la warfarine.

Si les AOD permettent d’éviter certaines des difficultés associées au traitement par warfarine,

l’équipe d’Alberta montre que les AOD sont toujours prescrits moins fréquemment aux patients fragiles et âgés, qui reçoivent toujours, en grande majorité un traitement par warfarine.

 

AVK ou AOD : Ainsi, en traitement de 1ère intention, en France, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande que le choix entre ces deux familles d’anticoagulants soit fait au cas par cas en tenant compte de différents facteurs dont le risque hémorragique, l’âge et le poids, la fonction rénale et la capacité d’observance. L’âge, un faible poids et l’insuffisance rénale chronique étant des facteurs de risque de saignement, la HAS recommande une anticoagulation avec les AVK car elle permet un meilleur suivi du degré d’anticoagulation.

 

Pourtant, si sur le papier, le contrôle régulier associé au traitement par warfarine est censé réduire le risque de complications hémorragiques, il pose le problème de l’observance régulière par analyses de sang en laboratoire, une discipline à laquelle ne peuvent pas toujours se prêter les patients les plus fragiles et les plus âgés. Les AOD permettent de limiter ce manque d’observance des personnes fragiles et âgées atteintes de FA, conclut donc l’auteur principal, le Dr Finlay A. McAlister, de l’Université de l'Alberta.

 

L'étude : ce nouveau constat est issu de l’analyse des données de prescription de 75.796 patients, sortis d'un service d'urgence ou d'un hôpital avec un nouveau diagnostic de FA non valvulaire entre avril 2009 et mars 2019. Les chercheurs ont pris en compte le score de risque de fragilité hospitalière, basé sur la présence ou l'absence de 109 diagnostics différents (ulcères, chutes, ostéoporose, démence).

  • Plus de 17.000 participants répondaient aux critères de fragilité, dont 76 % de patients âgés et 24 % de patients de moins de 65 ans ;
  • la plupart des patients répondaient aux critères des lignes directrices pour le traitement anticoagulant (92,1 % des patients fragiles et 74,2 % des patients non fragiles) ;
  • les prescriptions d'anticoagulants ont plus augmenté chez les patients non fragiles (de 42,4 % à 68,2 %) que chez les patients fragiles (de 29,0 % à 52,2 %) sur la période étudiée ;
  • les patients fragiles étaient moins susceptibles de recevoir un anticoagulant, et s’ils en recevaient un, les patients fragiles étaient 34 % moins susceptibles de recevoir un AOD que la warfarine ;
  • les patients de moins de 65 ans étaient plus susceptibles de recevoir une prescription d'AOD.

 

Les auteurs, ainsi que d’autres experts dans un éditorial, appellent ainsi les cliniciens à considérer les les AODs comme une innovation, bienvenue également chez les patients plus fragiles et plus âgés. D’autant que la prévalence de la FA augmente et qu’une hypothèse émerge : l'écart de traitement chez les patients fragiles se serait amélioré depuis l'introduction de « ces nouveaux anticoagulants ».

 

Ainsi, la prescription d’anticoagulants pourrait encore être mieux personnalisée.

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