GROSSESSE ET MALNUTRITION : L’efficacité des suppléments alimentaires protéino-énergétiques
Les suppléments alimentaires équilibrés en énergie et protéines (BEP), que ce soit sous forme de boissons ou de pâtes nutritives, en cas de grossesse et de malnutrition, sont associés à des poids de naissance plus élevés et à une réduction du risque de faible poids de naissance ou de retard de croissance, conclut cette méta-analyse menée par une équipe de la George Mason University (Fairfax, Virginie). Des conclusions, publiées dans PLOS Medicine, qui soulignent le bénéfice particulièrement marqué chez les femmes ayant débuté la supplémentation avant 20 semaines de grossesse.
La malnutrition maternelle dans les pays à faibles et moyens revenus, expose les nourrissons à un risque accru de mortalité, de morbidité et de retards développementaux. Les interventions nutritionnelles pendant la grossesse se sont longtemps concentrées sur les suppléments en micronutriments — vitamines et minéraux — dont les effets sur la croissance fœtale restent limités.
Les suppléments BEP, conçus pour augmenter l'apport calorique et protéique global, représentent
une approche différente, centrée sur les macronutriments,
plus efficace pour soutenir la croissance fœtale dans des contextes de sous-alimentation chronique.
Cette méta-analyse est la première à combiner des données individuelles issues de plusieurs essais randomisés pour quantifier ces bénéfices des suppléments BEP sur les résultats néonatals.
L'un des auteurs principaux, Dongqing Wang, professeur assistant d'épidémiologie à la George Mason University, ajoute :« Dans les contextes où les femmes enceintes n'ont pas accès à suffisamment de calories et de protéines, il est important d'agir tôt. Améliorer la nutrition maternelle peut réduire le risque de résultats néonatals défavorables ».
L'étude combine les données individuelles de 8 essais cliniques pour comparer les résultats de naissance entre femmes enceintes ayant reçu des suppléments BEP et celles n'en ayant pas reçu. L'analyse révèle que :
- ces suppléments BEP sont associés à des poids de naissance plus élevés dans l'ensemble des populations étudiées ;
- la supplémentation réduit le risque de faible poids de naissance et de petite taille pour l'âge gestationnel ;
- les bénéfices sont particulièrement marqués pour les nouveau-nés petits pour l'âge gestationnel ;
- les effets sont plus importants chez les femmes ayant débuté la supplémentation en début de grossesse, notamment avant 20 semaines.
Quelles implications ? Ces résultats plaident pour l'intégration des suppléments BEP dans les programmes de santé maternelle existants dans les pays à faibles et moyens revenus, en particulier dans les contextes de sous-alimentation chronique.
Dans ces contextes, augmenter l'apport calorique et protéique en début de grossesse via des produits alimentaires adaptés représente l'une des interventions les plus accessibles et les plus prometteuses pour réduire la mortalité et la morbidité néonatales à l'échelle mondiale.
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