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GROSSESSE: Pourquoi les antidépresseurs allongent le cordon

Actualité publiée il y a 3 années 7 mois 2 jours
PLoS ONE

Alors que la dépression touche 7 à 19% des femmes enceintes, on ne peut échapper à la question des effets des antidépresseurs sur la grossesse et sur les risques liés à l’exposition in utero sur la santé du bébé. En particulier, aux effets des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), fréquemment prescrits et déjà largement documentés. Cette nouvelle étude finlandaise nous révèle une bien curieuse constatation, des cordons ombilicaux plus longs, chez les nouveau-nés dont les mères ont utilisé des ISRS pendant leur grossesse. Au-delà d’un risque d’enroulement du cordon autour du bébé, cette observation, présentée dans la revue PLoS ONE, suggère que l’exposition in utero aux ISRS entraîne une activité fœtale augmentée.

Un long cordon ombilical peut affaiblir la circulation fœtale et exposer le fœtus à un manque d'oxygène au cours de la grossesse ou encore entraîner des complications lors de l'accouchement. Or ces bébés exposés in utero ont un cordon ombilical plus long que ceux des nouveau-nés non exposés, montre cette étude de chercheurs de l'University of Eastern Finland et de l'hôpital universitaire de Kuopio. Cette association entre l'utilisation des ISRS prénatals et la longueur du cordon ombilical suggère enfin que les ISRS augmentent l'activité et la mobilité fœtales dans l'utérus. « Quand le fœtus se déplace, le cordon ombilical s'étire et finalement s'allonge », explique Julia Kivistö, auteur principal de l'étude.


Alors que 7 à 19% des femmes souffrent de dépression pendant la grossesse, qu'environ 7 à 9% vont prendre des antidépresseurs et que les ISRS sont les antidépresseurs les plus couramment prescrits, les chercheurs ont analysé leurs effets sur le cours de la grossesse, le développement du fœtus et les résultats de santé à la naissance, en suivant plus de 24.000 femmes ayant accouché entre 2002 et 2012.

- L'usage des antidépresseurs a été constaté chez 1,7% des participantes (n=416),

- chez la majorité de ces femmes, il s'agissait d'ISRS,

- parmi les ISRS, le plus couramment utilisé était le citalopram (n=217).

Des cordons plus longs : Les enfants de mères ayant utilisé le citalopram pendant la grossesse présentent des cordons ombilicaux plus longs,

  • présentent des scores de faible activité à la naissance,
  • sont 2 fois plus susceptibles de se retrouver en soins intensifs que les autres nouveau-nés;

Cependant, ces derniers résultats peuvent être aussi expliqués par la dépression de la mère. Car la dépression, explique les auteurs, qu'elle soit non traitée ou traitée provoque certains changements au cours de la grossesse et l'accouchement. Il est donc extrêmement important d'examiner attentivement chaque cas-patient au moment de choisir le traitement, concluent les auteurs. Bref, un nouvel effet secondaire des ISRS, qui engage à une décision de traitement la plus éclairée possible.

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