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HÉRITAGE BIOLOGIQUE : Il passe aussi par la « mémoire » parentale

Actualité publiée il y a 11 mois 2 semaines 2 jours
eLife
L'expérience parentale marque plusieurs générations

Dans le droit fil du débat « Nature vs Nurture » ces recherches d’une équipe de l’Ecole de Médecine Dartmouth suggère tout le poids de l’environnement parental et son impact profond sur des générations. Les conclusions, présentées dans la revue eLife, sont en effet en faveur d’une « mémoire de l’expérience parentale » qui peut marquer jusqu'à 5 générations.

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Les chercheurs examinent ici comment des facteurs de stress environnementaux peuvent, chez les mouches des fruits (Drosophilia melanogaster) influer sur les phénotypes de leur progéniture. Des résultats « intrigants » qui apportent une première compréhension des mécanismes fondamentaux sur lesquels repose l'héritage biologique. Car si le comportement codé par les neurones n’est pas « hérité » ou héritable d'une génération à l'autre, des modifications induites par l'environnement peuvent laisser leurs signatures épigénétiques chez la descendance et sur plusieurs générations, explique en substance l’auteur principal, Julianna "Lita" Bozler, candidate au doctorat à la Geisel School of Medicine.

La peur de la guêpe marque jusqu’à 5 générations

Les mouches femelles Drosophila melanogaster, exposées à des guêpes parasitoïdes qui tuent leurs larves, sont connues pour développer alors une préférence pour des aliments contenant de l'éthanol, ce qui protège leurs larves contre les infections par les guêpes. Lorsque les chercheurs « font cohabiter » des mouches des fruits et des guêpes femelles pendant 4 jours avant la ponte, ils constatent que :

  • les mouches exposées aux guêpes pondent environ 94% de leurs œufs sur de la nourriture comportant de l'éthanol,
  • ce comportement persiste chez leur progéniture, même si celle-ci n’a jamais été directement exposée aux guêpes ;
  • la préférence pour l’éthanol est moins forte chez les enfants de première génération, 73% de leurs œufs étant pondus à proximité d’aliments contenant de l’éthanol ;
  • néanmoins, cette préférence héritée pour l'éthanol persiste chez 5 générations, revenant progressivement, avec les générations, au niveau d’appétence de départ, avant exposition aux guêpes.

 

 

Un héritage multigénérationnel mais réversible au fil des générations : l’expérience suggère que cette transmission de préférence pour l'éthanol n'est pas liée à un changement permanent de la lignée germinale, mais constitue plutôt un trait réversible. Ici, l’héritage du comportement préférentiel vis-à-vis de l’éthanol repose sur la dépression d’un neuropeptide-F (NPF), dans une zone spécifique du cerveau de la mouche femelle. Et ce changement épigénétique, déclenché en partie par des signaux visuels, est nécessaire pour initier cet héritage transgénérationnel. Ce constat permet de mieux comprendre certains des mécanismes fondamentaux sur lesquels repose l'héritage biologique.

D’autant que le neuropeptide-F « NPF » a son équivalent mammifère « NPY » chez l'Homme.