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HORLOGE : Pourquoi le cerveau fatigue aussi

Actualité publiée il y a 2 semaines 8 heures 2 min
PLoS Biology
Cette étude retrace l’évolution de l'activité cérébrale au cours de la journée (Visuel Adobe Stock 483258413)

En retraçant l’évolution de l'activité cérébrale au cours de la journée et en apportant dans la revue PLoS Biology, cette équipe de neuroscientifiques de l’Université du Michigan, apporte de nouvelles données qui peuvent contribuer à l'évaluation de la fatigue chronique, au développement de traitements et à la prise en charge de certains troubles de santé mentale.

 

L’auteur principal, Daniel Forger, professeur de mathématiques à l'Université du Michigan, explique l’objectif : « Au départ, nous souhaitions mieux comprendre la fatigue en observant les changements profonds dans le cerveau au cours de la journée, lorsque nous sommes éveillés. Nous observons d’ailleurs que ces changements semblent se corriger pendant le sommeil ».

« Nous sommes en réalité très mauvais pour évaluer notre propre fatigue. Elle repose sur notre perception subjective ».

Pour parvenir à identifier des « signatures » de l’état de fatigue chronique, l’équipe de recherche internationale a mis au point une méthode qui permet d'imager les neurones et les réseaux actifs dans le cerveau -ici de souris- aux différents moments de la journée et à un niveau de résolution unicellulaire.

 

L’étude a en effet consisté d’abord à développer un protocole expérimental et un modèle d’analyse informatique pour suivre l'activité des neurones et des réseaux cérébraux à différents moments. Les chercheurs ont exploité une technique d'imagerie de pointe appelée microscopie à feuille de lumière, qui leur a permis de générer des images 3D de cerveaux de souris. Ils ont également introduit une méthode de marquage génétique qui a permis de visualiser les neurones actifs sous microscope, ce qui leur a permis d'observer quelles cellules étaient actives dans le cerveau et à quel moment.

 

« Nous savons aujourd’hui décrypter comment un élément – ​​un gène ou un type de neurone, par exemple – peut influencer le comportement. Mais nous savons aussi que ce qui régit notre comportement n'est pas un simple gène, un seul neurone ou une seule structure cérébrale. C'est l'ensemble des éléments, leurs connexions et leurs interactions à un instant donné », précisent les chercheurs.

 

Ces différentes techniques ont permis à l'équipe d’observer chez la souris, que :

 

  • de manière générale, au réveil, l'activité débute dans les couches internes, ou sous-corticales, du cerveau ;
  • au fil de la journée -soit de la nuit pour les souris–, les centres d'activité se déplacent vers le cortex, à la surface du cerveau ;
  • en d’autres termes, le cerveau ne se contente pas de modifier son niveau d'activité au cours de la journée ou lors d'un comportement spécifique mais il réorganise les réseaux et les régions communicantes impliquées dans son activité.

 

Cette nouvelle vision de l’organisation de l’activité cérébrale au cours de la journée constitue une étape fondamentale vers l'identification de nouveaux marqueurs de fatigue et d'autres problèmes de santé mentale. Car si l’étude n'aborde pas directement ce sujet, l'activité observée dans différentes régions sera importante pour comprendre certains troubles psychiatriques.

 

Les découvertes de l'équipe et la méthodologie employée ouvrent ainsi et a minima la voie à de nouvelles méthodes d'évaluation objective de la fatigue chez l’Homme.

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