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HOSPITALISATION COVID : Pourquoi le 3è jour est décisif

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 5 jours
ECCMID 2022
Le troisième jour à l'hôpital pour COVID-19 est documenté comme un «point de basculement» dans la gravité de la maladie (Visuel Adobe Stock 170126931).

Le troisième jour à l'hôpital pour COVID-19 est documenté ici par ces cliniciens de l'Université de Californie du Sud (Los Angeles), comme un «point de basculement» dans la gravité de la maladie. Ces conclusions présentées lors du dernier Congrès de European Congress of Clinical Microbiology & Infectious Diseases (ECCMID 2022) suggèrent d’identifier les patients les plus susceptibles de basculer vers une forme plus sévère, par test sanguin.

 

Les auteurs principaux, les Drs Anthony Sophonsri et Annie Wong-Beringer, de l'Université de Californie du Sud rappellent qu’une réponse immunitaire hyperactive au virus SARS-CoV-2 peut provoquer des complications respiratoires voire une détresse respiratoire. Si les médicaments tels que les corticostéroïdes contribuent à contrôler l'inflammation associée à forme sévère, il existe une large variabilité de la réponse au traitement selon les patients. Ainsi, il est urgent d'identifier des biomarqueurs prédictifs de la progression de la maladie pour identifier les patients les plus à risque et optimiser leur traitement.

Le troisième jour, marqueur de pronostic

L’étude a suivi 90 patients, à 54 % des hommes, âgés en moyenne de 60 ans, hospitalisés pour une pneumonie COVID-19 entre mars et octobre 2021. Les participants ont été répartis en COVID-19 sévère ou non sévère selon les critères de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les caractéristiques de base étaient similaires entre les 2 groupes, à l'exception de taux plus élevés de diabète et d'insuffisance cardiaque chronique chez les patients atteints d’une forme sévère. Des échantillons de sang ont été prélevés aux jours 1, 3, 5 et 7 de l'hospitalisation et les niveaux de 3 protéines hôtes qui jouent un rôle vital dans la réponse immunitaire au COVID-19 ont été mesurés à l'aide d'une nouvelle plateforme (MeMed) - qui donne les résultats en 15 minutes : il s’agit de :

 

  1. la protéine 10 induite par l'interféron-γ (IP-10),
  2. la protéine C-réactive (CRP),
  3. ainsi qu’un ligand induisant l'apoptose lié au facteur de nécrose tumorale (TRAIL).

 

En général, chez l’ensemble des participants, les niveaux de TRAIL ont augmenté au fil du suivi, tandis que la CRP et l'IP-10 ont chuté :

 

  • au jour 1, aucune différence dans les niveaux de protéines n’est constatée entre les 2 groupes ;
  • au jour 3, des différences claires apparaissent : les niveaux de TRAIL baissent (médiane 21 vs 30 pg/mL) et les niveaux d'IP-10 augmentent (médiane 713 vs 328 pg/mL) dans le groupe sévère
  • plus fortement dans le groupe « forme sévère » vs groupe « forme non sévère » ;
  • au jour 5, et seulement chez les patients atteints de forme sévère, les taux d'IP-10 restent élevés (médiane 560 vs 212 pg/mL).

 

Ainsi, dès le jour 3 et a fortiori au jour 5, les cliniciens disposent, sur la base de ces 3 protéines, d’une signature prédictive du développement d’une forme sévère de la maladie COVID-19, ce qui signifie que le modèle de réponse immunitaire de l'hôte peut être utilisé, à travers la mesure de ces protéines, pour identifier les patients susceptibles de tomber gravement malades.

 

  • Ces données biologiques sont confirmées par « la suite » : le groupe « forme sévère » met plus de temps à récupérer (12 jours en moyenne vs 4 jours), encourt un risque de décès plus élevé (20 % vs 0 %) et s’avère 8 fois plus susceptible de développer des infections secondaires invasives.

 

Les chercheurs relèvent que « de nombreux patients se présentent aux Urgences et ne nécessitent qu'une supplémentation minimale en oxygène, mais certains évoluent rapidement ensuite vers une ventilation mécanique. La surveillance de ces protéines immunitaires peut permettre de détecter ceux d’entre eux qui nécessitent une gestion plus agressive de leur réponse inflammatoire hyperactive ».

 

Le 3è jour s’avère décisif : ces travaux montrent en effet que les schémas observés dans la réponse immunitaire de l'hôte révèlent un tournant possible dans la progression de la maladie au jour 3 de l'admission à l’hôpital.

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