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HYPERTENSION ARTÉRIELLE PULMONAIRE : Un test sanguin pour évaluer sa sévérité

Actualité publiée il y a 3 mois 1 jour 12 heures
Circulation
Cette maladie pulmonaire rare et mortelle, l'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), pourra bientôt être évaluée à l’aide d’un simple test sanguin (Visuel Adobe Stock 171229859)

Cette maladie pulmonaire rare et mortelle, l'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), pourra bientôt être évaluée à l’aide d’un simple test sanguin, selon cette équipe des National Institutes of Health (NIH), au point de pouvoir prédire le pronostic dont la capacité de survie. Le test, présenté dans la revue Circulation, de l’American Heart Association, est basé sur l’analyse de fragments d’ADN circulant, caractéristiques et spécifiques à l’HTAP.

 

L'HTAP est une maladie rare et potentiellement mortelle qui provoque une hypertension artérielle inexpliquée dans les poumons. L'HTAP peut entraîner des difficultés respiratoires, des douleurs thoraciques et de la fatigue. La maladie, dont la cause exacte est inconnue, se caractérise précisément par un rétrécissement et un blocage progressif des petites artères pulmonaires des poumons, une tension sur le côté droit du cœur et peut conduire au décès par insuffisance cardiaque. Les dommages aux poumons dans les cas les plus graves peuvent nécessiter une greffe de poumon. Les patients atteints d'HTAP ont un taux de mortalité élevé et la condition affecte principalement les femmes. Malgré les progrès du traitement, il n'existe actuellement aucun remède curatif.

Mesurer l'ADN acellulaire élevé chez les patients atteints d'HTAP

Les tests actuels utilisés pour surveiller la gravité de l'HTAP reposent sur des scores de prédiction de risque basés sur des symptômes cliniques et sur l'utilisation d'un cathéter invasif pour mesurer la pression dans les poumons. Les médecins utilisent parfois l'échocardiographie, ou l'imagerie cardiaque, pour mesurer les pressions dans le cœur comme mesure indirecte de la pression pulmonaire, mais ces tests ont tendance à manquer de fiabilité et de sensibilité. Ainsi, de nombreux scientifiques sont à la recherche de nouvelles approches moins invasives pour évaluer la gravité de l'HTAP, la progression de la maladie et la réponse au traitement.

 

L’analyse d’ADN acellulaire est une technique d’avenir, souligne le co-auteur de l'étude, le Dr Michael A. Solomon, du département l'hypertension artérielle pulmonaire du NIH Clinical Center. Le nouveau test sanguin mesure en effet les fragments d'ADN libérés par les cellules endommagées. Les niveaux de ces fragments d’ADN acellulaire, élevés dans le sang des patients atteints d'HTAP, augmentent avec la gravité de la maladie. Si la spécificité et la sensibilité du test étaient confirmées par de plus larges études, les médecins seraient alors en mesure d'intervenir plus rapidement pour prévenir ou retarder la progression de la maladie et éventuellement sauver des vies.

 

Une première preuve de concept est apportée, avec l’analyse de l'ADN acellulaire d'échantillons de sang prélevés sur 209 patients adultes, principalement des femmes, diagnostiqués avec une HTAP comparé à l'ADN acellulaire de 48 volontaires exempts d’HTAP et en bonne santé. L’analyse confirme que :

 

  • l'ADN acellulaire est élevé chez les patients atteints d'HTAP ;
  • les concentrations d'ADN acellulaire augmentent proportionnellement à la gravité de la maladie ;
  • les patients ayant le plus haut niveau d'ADN acellulaire présentent un risque 3,8 fois plus élevé de décès ou de nécessité de greffe de poumon, vs ceux à plus faible niveau d'ADN acellulaire ;
  • plusieurs types de tissus - y compris le cœur, les vaisseaux sanguins, les tissus adipeux et les cellules inflammatoires circulant dans le sang s’avèrent affectés par l'HTAP. Le nouveau test sanguin permet en effet de mieux identifier les tissus spécifiques impliqués dans le processus pathologique.

 

Enfin, la recherche fournit une illustration de la technique analytique de l’ADN acellulaire, une technique relativement nouvelle dont les utilisations médicales se développent, parmi lesquelles la détection précoce du rejet de greffe cardiaque et pulmonaire ainsi que la détection précoce du cancer.

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