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HYPERTENSION : L'effet tenseur des produits chimiques éternels

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 3 jours
Hypertension
Toujours en cause ces produits chimiques, ici liés à l'hypertension chez les femmes d'âge moyen (Visuel Adobe Stock 306161519)

Toujours en cause ces produits chimiques, ici liés à l'hypertension chez les femmes d'âge moyen, conclut cette équipe de l'Université du Michigan à Ann Arbor. Les femmes d'âge moyen présentant des concentrations sanguines plus élevées de substances per et polyfluoroalkyles (PFAS), également appelées « produits chimiques éternels » et présents partout, dans l'eau, le sol, l'air et les aliments, sont ici confirmées comme plus à risque de développer une hypertension artérielle (HTA), par rapport à leurs homologues moins exposées. Ces nouvelles données, présentées dans Hypertension, la revue de l’American Heart Association, visent à sensibiliser les femmes au risque associé à ces substances, souvent très présentes dans les produits cosmétiques et de soins personnels.

 

Les PFAS sont une classe de produits chimiques synthétiques, il existe des milliers de PFAS différents utilisés et présents dans les produits ménagers, les ustensiles de cuisine et les emballages alimentaires mais aussi les produits d’hygiène et de soin, comme les shampooings, le fil dentaire ou encore les cosmétiques. Ainsi, « tout le monde » est exposé aux PFAS. Ces « produits chimiques éternels» pénètrent également dans le système alimentaire par le biais de poissons vivant dans des eaux contaminées ou de produits laitiers de vaches exposées aux PFAS par le biais d'engrais, par exemple.

 

Les PFAS ne se dégradent jamais dans l'environnement et contaminent l'eau potable, le sol, l'air, les aliments et de nombreux produits de consommation et du quotidien. Une étude a ainsi estimé que plus des deux tiers des habitants des pays riches étaient exposés aux PFAS, commente l'auteur principal, le chercheur Ning Ding, du département d'épidémiologie de l'École de santé publique de l'Université du Michigan.

 

Même à de faibles niveaux dans le sang, la recherche a montré que les PFAS peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Certains PFAS ont ainsi été associés au risque cardiovasculaire et notamment au dysfonctionnement endothélial, au stress oxydatif et à une augmentation des taux de cholestérol.

Cette étude est néanmoins la première à évaluer si les niveaux de PFAS affectent la pression artérielle chez les femmes d'âge moyen.

Les femmes semblent être particulièrement vulnérables

lorsqu'elles sont exposées à ces produits chimiques : ainsi, leur exposition peut être un facteur de risque sous-estimé de maladie cardiovasculaire et notamment d’HTA chez les femmes.

 

L’étude : l’analyse des données de la SWAN-MPS (Study of Women's Health Across the Nation-Multi-Pollutant Study), une étude prospective menée auprès de femmes de différentes origines ethniques, âgées d’une quarantaine d’années, s’est concentrée sur les niveaux sanguins de certains PFAS spécifiques et le risque d'hypertension artérielle. Précisément, ces données ont été analysées pour 1.000 participantes présentant une tension artérielle normale au moment de l’inclusion. Les concentrations sanguines de PFAS ont été mesurées au début de l'étude. Toutes les participantes ont été suivies presque chaque année de 1999 à 2017. L’analyse révèle :

 

  • au cours d’un suivi de 11.722 années-personnes : 470 diagnostics d’hypertension artérielle ;
  • les participantes présentant des concentrations plus élevées de PFAS spécifiques ont en effet un risque accru de HTA ;
  • il s’agit notamment de concentrations plus élevées d'acide perfluorooctane sulfonique (PFOS), d'acide perfluorooctanoïque (APFO) et de 2-(N-éthyl-perfluorooctane sulfonamido) acétique (EtFOSAA, un précurseur du SPFO). Un accroissement d’un tiers des niveaux de ces substances est associé, respectivement, à un risque accru de 42 %, 47 % et 42 % d’hypertension artérielle, par rapport aux concentrations les plus faibles de ces PFAS ;
  • les femmes présentant les concentrations les plus élevées des 7 PFAS examinées présentent un risque accru de 71% de développer une HTA ;
  • ainsi, l'exposition combinée à plusieurs PFAS induit un effet synergique plus fort sur la tension artérielle.

 

La mise en œuvre de stratégies visant à limiter l'utilisation généralisée des PFAS dans les produits du quotidien est une urgence, écrivent les chercheurs, qui rappellent que les PFAS perturbent le métabolisme mais donc également la pression artérielle.

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