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INFECTION URINAIRE, HYPERTENSION : L’Uromoduline en question

Actualité publiée il y a 5 mois 1 semaine 14 heures
Hypertension
De précieuses données qui vont permettre de meilleures thérapies des maladies liées à des niveaux d'uromoduline urinaire plus faibles, telles que les infections des voies urinaires et les calculs rénaux (Visuel Fotolia)

Cette équipe de cliniciens du département de néphrologie de l’Université médicale et dentaire de Tokyo (TMDU) montre qu’une protéine, l’uromoduline dans l'urine protège contre les infections des voies urinaires et les calculs rénaux, entre autres maladies. Or la sécrétion d’uromoduline peut être induite par des traitements comme la desmopressine. A contrario des niveaux trop élevés d’uromoduline peuvent favoriser le développement de maladies rénales ou de l’hypertension. De premières études in vivo identifient les processus en jeu et soutiennent, dans la revue Hypertension, de nouvelles thérapies capables de réguler les niveaux de cette protéine clé.

 

L'uromoduline est une protéine fabriquée naturellement dans les reins et sécrétée dans l'urine, mais jusqu’à cette étude, sa fonction restait très peu connue. Pourtant, des taux plus élevés d'uromoduline dans l'urine sont liés à des taux plus faibles d'infections des voies urinaires et de calculs rénaux, tandis que des taux plus élevés dans les cellules rénales sont associés à des taux plus élevés d'hypertension et de maladie rénale chronique.

« La sécrétion urinaire d'uromoduline est associée à une protection contre de nombreuses maladies courantes »,

explique l'auteur principal, le Dr Azuma Nanamatsu. « Nous voulons trouver le moyen d’augmenter cette sécrétion, pour développer de meilleures thérapies ».

 

La sécrétion d'uromoduline dans l'urine peut être augmentée par l'hormone vasopressine : c’est la découverte de cette équipe japonaise, une découverte qui peut avoir de nombreuses applications cliniques. Les scientifiques montrent ainsi, chez la souris, que la stimulation des récepteurs de la vasopressine entraîne très rapidement la sécrétion d'uromoduline dans l'urine chez la souris. Ce processus passe par l’activation de la voie de la protéine kinase A, une voie de signalisation cellulaire qui dépend des niveaux d'adénosine monophosphate cyclique (AMPc), dans les cellules rénales.

 

L'étude in vivo et in vitro :

 

  • Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont stimulé les récepteurs de la vasopressine chez la souris, ce qui a affecté la sécrétion d'uromoduline. Ils constatent alors que les souris traitées présentent des taux plus élevés d'uromoduline dans l'urine et des taux plus faibles d'uromoduline dans les reins.
  • Les chercheurs testent alors les effets d'une augmentation de l'AMPc sur la sécrétion d'uromoduline dans une lignée cellulaire rénale, car la stimulation des récepteurs de la vasopressine entraîne une augmentation des taux d'AMPc.

L’équipe comprend alors que :

 

  • l'uromoduline est sécrétée par les cellules rénales lorsque les niveaux d'AMPc augmentent ;
  • la sécrétion d'uromoduline peut être diminuée en traitant les cellules avec un inhibiteur de la protéine kinase A ;
  • la signalisation vasopressine/AMPc/protéine kinase A est importante pour la sécrétion d'uromoduline des cellules rénales dans l'urine.

 

De précieuses données qui vont servir de base à de meilleures thérapies des maladies liées à des niveaux d'uromoduline urinaire plus faibles, telles que les infections des voies urinaires et les calculs rénaux, ainsi que pour les conditions liées a contrario à des niveaux d'uromoduline rénale plus élevés, telles que les maladies rénales chroniques et l’hypertension.

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