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INFECTION, VACCINATION : Nos cellules s’en souviendront longtemps

Actualité publiée il y a 2 années 1 mois 1 semaine
Nature
Ces travaux apportent des preuves moléculaires d'un cycle de vie et d’une durée de vie uniques de ce « pool cellulaire à mémoire ».

Cette équipe de l’Université de Californie, Berkeley révèle comment les cellules immunitaires se souviennent des infections ou des vaccinations des décennies plus tard : une petite équipe de ces cellules immunitaires ayant répondu à l'invasion originale reste vivante pendant des années, développant des caractéristiques uniques pour se préparer à répondre à nouveau au même pathogène. Des travaux présentés dans la revue Nature qui apportent des preuves moléculaires d'un cycle de vie et d’une durée de vie uniques de ce « pool cellulaire à mémoire ».

 

Les scientifiques de Berkeley, en collaboration avec des chercheurs de l'Université Emory élucident ce mystère en suivant un type spécifique de cellules T immunitaires à travers le corps humain durant les semaines, les mois et les années qui suivent une vaccination qui apportera une protection à long terme. La vaccination contre le virus de la fièvre jaune est prise ici comme cas d’école.

 

La formation d’un pool cellulaire à mémoire : Les chercheurs découvrent que les lymphocytes T CD8 +, responsables de l'immunité à long terme contre la fièvre jaune, prolifèrent rapidement à l'exposition au vaccin, puis certaines de ces cellules évoluent environ 4 semaines après la vaccination pour former ce que les scientifiques appellent un « pool à mémoire », constitué de de cellules qui vont vivre plus de 10 fois plus longtemps qu’une cellule T en moyenne. Ainsi, en cas de vaccin ou d’exposition à un nouvel agent infectieux, les cellules « naïves » qui reconnaissent l'envahisseur mais qui n'ont jamais été mises en action, réagissent en se divisant très rapidement et en développant des fonctions pour lutter contre les infections. Ces cellules dites à mémoire, en raison de leur capacité à se souvenir de l'agent infectieux et à répondre plus tard à la même menace se réduisent en nombre, au fil du temps, à un petit pool de cellules spécialisées capables d’apporter une protection tardive.

 

Des caractéristiques uniques : le maintien de ce pool cellulaire, des années après la vaccination ou l’infection, passe en effet par le développement de plusieurs caractéristiques uniques. En surface et à travers l’action de leurs gènes, ces cellules finissent par ressembler à des cellules qui n'ont jamais été exposées à l’infection, mais dont ADN comporte une empreinte digitale, appelée motif de méthylation, qui les identifie comme déjà aguerries contre l’infection. Ces cellules de combat sont appelées cellules effectrices de l’immunité. « Ces cellules sont comme des soldats vétérans, très expérimentées mais habillées comme de jeunes recrues, campés dans le sang et les tissus où elles attendent que l’infection réapparaisse prêtes à entrer en action », expliquent les chercheurs. La durée de vie extrêmement longue de ces cellules à mémoire leur permet également de se spécialiser au fil du temps dans un type de cellule T unique.

 

Une vie après la quiescence : la demi-vie dans le corps (ou la durée nécessaire pour perdre la moitié de son activité physiologique) de ces cellules de mémoire à long terme est de 450 jours, vs 30 jours pour la cellule T en moyenne. Et lorsque ce « pool à mémoire se tait », ces cellules conservent une empreinte provenant de l'exposition initiale et restent amorcées pour une réponse rapide en cas de nouvelle exposition au pathogène. « Nos résultats montrent que ces cellules à mémoires à long terme sont des cellules effectrices devenues quiescentes. Cette latence les maintient apparemment prêtes à réagir rapidement comme de nouvelles cellules effectrices lors de la réexposition au pathogène ».

 

Comprendre la base de la mémoire immunitaire à long terme va aider les scientifiques à développer de meilleurs vaccins et à mieux diagnostiquer la qualité des réponses immunitaires d'une personne, explique l’auteur principal, le Dr Marc Hellerstein, professeur de science nutritionnelle et de toxicologie à UC Berkeley.

 

« La combinaison des preuves moléculaires d'un cycle de vie unique avec une mesure directe de leur longue durée de vie est ce qui donne à cette étude tout son intérêt ».

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