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RÉSISTANCE BACTÉRIENNE : Quand les phages s’allient aux antibiotiques

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 4 semaines
Disease Models & Mechanisms
L'administration de la thérapie combinée, antibiotique + bactériophage aboutit à un taux de survie de 70 % (Adobe Stock 293323554)

On commence à mieux connaître la phagothérapie ou l’utilisation de virus révolutionnaires tueurs de bactéries. Ici, ces chercheurs de l’Université de Montpellier et de l’Université de Pittsburgh, suggèrent de les combiner aux antibiotiques pour porter un coup fatal aux bactéries résistantes. Ces travaux expérimentaux, menés sur le poisson zèbre et publiés dans la revue Disease Models & Mechanisms, ouvrent la voie à un nouveau protocole de lutte contre les antibiorésistances.

 

Les chercheurs ont infecté le poisson zèbre avec Mycobacterium abscessus fluorescente, une bactérie proche de celle qui cause la tuberculose et la lèpre et est responsable de dommages particulièrement graves aux poumons humains. Mycobacterium abscessus peut être résistante à de nombreux antibiotiques standards, ce qui rend les infections extrêmement difficiles à traiter. Cependant, la phagothérapie apporte un nouvel espoir : les bactéries sont vulnérables à ces virus naturels, appelés bactériophages;

Pour chaque espèce de bactérie, il existe un bactériophage unique qui la détruira.

Ici, les scientifiques français et américains testent de nouvelles thérapies qui combinent ces bactériophages avec les antibiotiques habituellement utilisés pour traiter les infections résistantes aux antibiotiques. Laurent Kremer et ses collègues étudient l’efficacité d'une nouvelle combinaison thérapeutique composée d’un bactériophage et d’un antibiotique contre Mycobacterium abscessus.

 

Un bactériophage nommé « Muddy » avait auparavant déjà été identifié in vitro, comme capable de tuer les bactéries. Sachant que les patients atteints de mucoviscidose sont particulièrement vulnérables aux infections à M. abscessus, l’équipe a donc testé sa nouvelle thérapie combinée sur le poisson zèbre modèle de mucoviscidose et infecté avec une forme résistante aux antibiotiques de M. abscessus. L’expérience montre que :

 

  • le poisson zèbre développe bien de graves infections avec abcès et leur taux de mortalité est élevé, seuls 20 % survivent ;
  • l’injection du bactériophage Muddy réduit déjà considérablement la sévérité de l’infection -toujours chez le poisson ; l’incidence des abcès est fortement diminuée, sa survie est accrue de 40 % ;
  • un antibiotique, la rifabutine, permet d’obtenir les mêmes résultats que Muddy seul soit un taux de survie de 40% ;
  • avec l’administration de la thérapie combinée, la sévérité de l’infection est encore diminuée, l’incidence des abcès également et le taux de survie atteint 70 %.

 

Les chercheurs espèrent pouvoir transférer ce protocole en pratique clinique.

Si le poisson-zèbre, concluent les auteurs, reste un modèle clé pour identifier ces couples bactériophage-bactérie et progresser ainsi dans la lutte contre les pathogènes résistants, d'autres recherches restent nécessaires pour valider l'efficacité de cette thérapie combinée.

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