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INFECTIONS NOSOCOMIALES : L’épidémiologie numérique pour mieux contrôler le risque

Actualité publiée il y a 2 mois 2 jours 22 heures
PLOS Computational Biology
Si le contact humain est bien responsable de 90% de la propagation d'une espèce de bactérie résistante aux antibiotiques, Klebsiella pneumoniae (visuel), il ne l’est qu’à concurrence de moins de 60% pour la propagation d’autres espèces bactériennes.

Le contact humain joue un rôle important dans la propagation de certaines infections hospitalières, mais d’autres mesures restent primordiales pour lutter contre ces infections nosocomiales multirésistantes, conclut cette étude observationnelle menée dans un hôpital français. L’analyse conclut, dans la revue PLOS Computational Biology que si le contact humain est bien responsable de 90% de la propagation d'une espèce de bactérie résistante aux antibiotiques, Klebsiella pneumoniae (visuel), il ne l’est qu’à concurrence de moins de 60% pour la propagation d’autres espèces bactériennes. En bref, face à la montée des IAS et des infections nosocomiales persistantes, c'est tout un arsenal de mesures de prévention qu'il s'agit de mettre en oeuvre à l'hôpital.

 

Les patients traités dans les hôpitaux et autres établissements de soins de santé encourent en effet un risque croissant d'infection multirésistante : nombre de ces microbes produisent des enzymes appelées β-lactamases à spectre étendu (BLSE), qui les rendent résistants aux antibiotiques. Comprendre comment ces bactéries se propagent d'un patient à l'autre est essentiel pour développer et mettre en oeuvre des stratégies de prévention efficaces.

Des capteurs pour suivre les schémas de contact entre patients

Pour mener cette étude, Audrey Duval de l'Université de Versailles Saint Quentin et de l'Institut Pasteur et ses collègues, ont distribué des capteurs portables à des centaines de patients et d’agents de santé au sein d'un hôpital. Dotés de puces RFID, les capteurs ont permis aux chercheurs de suivre les schémas de contact entre patients sur une période de 8 semaines. Dans le même temps, les chercheurs ont systématiquement testé les patients pour Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae, 2 bactéries productrices de BLSE. L’analyse montre que :

  • si 90% de la propagation de Klebsiella pneumoniae chez de nouveaux patients peut s'expliquer par un contact direct ou indirect avec des patients porteurs de la même bactérie au cours des 8 semaines d’étude,
  • cette proportion se limite à 60% pour la propagation de la bactérie E. coli à BLSE.

 

Ainsi si l'hygiène des mains, la principale stratégie de prévention de la propagation par contact humain reste très efficace, d’autres mesures (décontamination de l'environnement ou usage plus raisonné des antibiotiques) doivent être mises en œuvre pour réduire la propagation des infections nosocomiales dans les établissements de santé.

 

On retiendra enfin cette nouvelle méthodologie d'analyse via l’utilisation de capteurs portables, qui pourrait être étendue aux recherches portant sur la trtansmission d'autres espèces multirésistantes (et d’autres établissements).

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