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INFECTIONS RESPIRATOIRES : Aérer c’est protéger

Actualité publiée il y a 3 mois 2 semaines 3 jours
ECCMID 2022
Parmi les mesures largement évoquées depuis la pandémie COVID, mais pas toujours mises en œuvre, l’aération ou la ventilation des lieux fermés et publics, en particulier ceux qui reçoivent un public plus vulnérable comme les jeunes enfants ou les personnes âgées (Visuel Adobe Stock 370963440)

Parmi les mesures largement évoquées depuis la pandémie COVID, mais pas toujours mises en œuvre, l’aération ou la ventilation des lieux fermés et publics, en particulier ceux qui reçoivent un public plus vulnérable comme les jeunes enfants ou les personnes âgées.

C’est l’objet de cette étude de cliniciens de l’Hôpital universitaire de Louvain (UZ Leuven) qui relève des niveaux élevés d'agents pathogènes respiratoires dans l'air des crèches, des écoles, des maisons de retraite et d'autres environnements intérieurs. Des données présentées lors du Congrès européen de microbiologie clinique et des maladies infectieuses (ECCMID 2022) qui appellent donc à mettre en œuvre systématiquement la mesure, avant la prochaine saison « grippale ».

 

Les infections respiratoires aéroportées peuvent provoquer très rapidement des contaminations et des épidémies dans des environnements de groupe tels que les crèches, les écoles et les maisons de retraite qui deviennent alors ces clusters de cas qui participent ensuite encore un peu plus à la propagation des virus. Réduire les contextes dans lesquelles les infections sont les plus susceptibles de circuler est nécessaire pour contrôler et prévenir les épidémies. La qualité de l’air est un facteur déterminant dans la propagation des infections aéroportées. L’auteur principal, le Dr Lore Budts, du Département de médecine de laboratoire de l’UZ Leuven et son équipe ont donc travaillé sur le risque associé à la qualité de l’air intérieur.

 

L’étude : l’équipe a prélevé des échantillons d'air, d'octobre 2021 à février 2022, dans plusieurs types de lieux réunissant des groupes d'âge différents : crèche (groupe d'âge 0-3 ans), maternelle (3‑6 ans), école primaire (6-12 ans), école secondaire (12-18 ans), université (18+) et maisons de retraite (65+). L'air a été échantillonné jusqu'à 4 fois par semaine à raison de 2 heures pour chaque prélèvement. 248 échantillons ont ainsi été collectés et testés pour 29 agents pathogènes.

 

  • 18 agents pathogènes ont été détectés au moins une fois,

  • 11 autres n'ont jamais été détectés ;

 

C’est dans la crèche qu’a été retrouvé plus grand nombre de pathogènes à un moment donné : ainsi, jusqu’à 8 pathogènes différents ont été détectés dans l’air intérieur de la crèche testée. Cela suggère que les enfants de maternelle constituent le groupe probablement le plus exposé à la fois à la plus grande variété d'agents pathogènes et aux concentrations les plus élevées.

 

  • 4 agents pathogènes sont plus fréquemment identifiés à l'école maternelle : il s’agit de Streptococcus pneumoniae, le bocavirus humain, le cytomégalovirus humain et l'entéro-/rhinovirus. S. pneumoniae provoque des infections bactériennes, principalement respiratoires (pneumonie). Le bocavirus peut provoquer des symptômes respiratoires et gastro-intestinaux. Le cytomégalovirus est généralement asymptomatique chez les personnes en bonne santé mais peut être dangereux pour les femmes enceintes. L'entéro-/rhinovirus provoque un rhume.
  • Le SRAS-CoV-2, qui cause le COVID-19, et le VRS (responsable de bronchiolite chez les très jeunes enfants) sont détectés par intermittence dans tous les groupes d'âge, et en ligne avec leur niveau de circulation en population générale ;
  • Enfin, d’autres coronavirus humains courants qui causent généralement le rhume (HCoV-229E, HCoV-OC43 et HCoV-HKU-1) ont également été détectés sporadiquement dans les prélèvements.

 

Bien qu'il soit difficile de comparer directement la contamination de l'air dans les différents environnements, le nombre et la concentration d'agents pathogènes dans un si large éventail d'environnements intérieurs appelle à renforcer les mesures de renouvellement de l’air intérieur dans ces lieux de rassemblement, les plus exposés aux agents pathogènes aéroportés (crèches) ou particulièrement vulnérables à certaines de ces maladies (maisons de retraite).

 

De telles interventions sont urgentes car elles vont permettre de prévenir une grande partie du fardeau médical, économique et social associé aux maladies respiratoires. C’est probablement aussi l’un des rares retours de l’expérience de la pandémie de COVID-19 qui nous a contraint à optimiser les mesures de prévention des infections respiratoires.

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