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INHIBITEURS de la POMPE à PROTONS : Et si les brûlures d'estomac finissaient par le décès ?

Actualité publiée il y a 2 années 3 mois 2 semaines
BMJ Open
Les médias sont alarmistes en annonçant que des millions de personnes qui souffrent de brûlures d'estomac et prennent des IPP sont à risque de décès.

Largement utilisés pour traiter les troubles digestifs, les brûlures d'estomac ou le reflux gastro-œsophagien (RGO), les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) agissent en réduisant la production d'acide dans l'estomac. Mais ces médicaments pourraient être associés à un risque de décès prématuré, révèle cette étude américaine. Bref, les médias sont alarmistes en annonçant que des millions de personnes qui souffrent de brûlures d'estomac et prennent des IPP sont à risque de décès. Un point dans le British Medical Journal Open.

Les IPP sont non seulement utilisés pour traiter les brûlures d'estomac mais sont également souvent administrés aux personnes à risque d’ulcère d'estomac, rappellent les auteurs de l'École de médecine de l'Université de Washington et de l'Université Saint Louis. Les IPP comprennent aujourd'hui 5 molécules dont 3 génériquées : Ésoméprazole (Inexium®), Lansoprazole (Lanzor®, Ogast®, Ogastoro® et génériques), Oméprazole (Mopral®, Zoltum®, génériques), Pantoprazole (Eupantol®, Inipomp® et génériques), Rabéprazole (Pariet®). Une récente étude allemande avait déjà suggéré un effet indésirable encore peu connu du médicament, chez les patients âgés : une prise prolongée d’IPP pourrait accroître jusqu’à 66% le risque de démence…

Cette nouvelle étude a analysé les données de 350.000 vétérans américains majoritairement de sexe masculin, ayant reçu une prescription d’IPP (n= 275.977) ou des antagonistes des récepteurs à l’histamine de type 2 (anti-H2) (n= 73.335) pour traiter les brûlures d'estomac ou protéger l'estomac. Les IPP et les inhibiteurs de H2 fonctionnent tous deux en réduisant l'acide gastrique. Les chercheurs ont pris en compte un grand nombre de facteurs de confusion possibles, dont les antécédents de maladies chroniques.

L’analyse constate un risque de décès à 5 ans, significativement plus élevé chez les participants ayant pris des IPP : précisément,

-23,3% de participants sont décédés durant le suivi de l’étude,

-12,3% des participants traités par anti-H2,

-24,4% des participants traités par IPP au début de l'étude,

-23,4% des participants ayant déjà utilisé des IPP.

-Le traitement par IPP est associé à un risque de décès accru de 25% vs anti-H2,

-Le traitement par IPP est associé à un risque de décès accru de 23% vs aucun traitement anti-acidité.

-Ces niveaux de risque apparaissent similaires chez les participants exempts de problèmes gastro-intestinaux.

-L’augmentation du risque de décès est dose-dépendante de la durée du traitement :

31-90 jours : +5%

91-180 jours : +17%

181-360 jours : +31%

361-720 jours : +51%.

 

Des données qui suggèrent selon les auteurs « un risque excessif » de décès chez les utilisateurs d’IPP, avec ou sans troubles gastro-intestinaux et ce risque augmente avec une durée prolongée d'utilisation. Seule limite, l’étude ne démontre pas la relation de cause à effet, c’est-à-dire que ce risque accru de décès est directement causé par les IPP. Cependant, elle pose la base d’autres recherches sur ces effets indésirables des IPP.

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