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L’HÉMANTHAMINE des jonquilles contre le cancer

Actualité publiée il y a 1 année 7 mois 3 semaines
Structure
Cette étude  fournit une explication moléculaire de l'activité antitumorale des jonquilles

Cette étude, présentée dans la revue Structure, fournit pour la première fois une explication moléculaire de l'activité antitumorale des jonquilles utilisées depuis des siècles en médecine populaire. Cet alcaloïde naturel extrait de jonquilles, l'hémanthamine appartient d’ailleurs à une grande famille de molécules thérapeutiques d'origine naturelle. De nombreux autres alcaloïdes, utilisés en santé humaine, sont extraits de plantes. C’est évidemment le cas de la morphine (puissant analgésique), la quinine (antipaludique) ou de l'éphédrine (antiasthmatique).

 

Cette équipe du Laboratoire de Biologie Moléculaire de l’Université libre de Bruxelles (ULB) décrit les effets anticancéreux de cet alcaloïde naturel extrait de jonquilles, qui déclenche l'activation d'une voie de surveillance antitumorale. A partir de ces premières constatations l'équipe compte tester l'efficacité d'autres composés alcaloïdes de la jonquille contre le cancer.

L'hémanthamine bloque la production de protéines via les ribosomes, ce qui ralentit la croissance des cellules cancéreuses

 

Ici, les chercheurs extraient le composé de la jonquille (Amaryllidaceae Narcissus) et montrent que ce composé, un alcaloïde appelé hémanthamine, se lie au ribosome (visuel ci-dessous). Les ribosomes sont des « nanomachines » essentielles à la survie de nos cellules car elles synthétisent toutes nos protéines. Or pour soutenir leur croissance incontrôlée, les cellules cancéreuses ont besoin d’une synthèse accrue des protéines : elles sont donc particulièrement sensibles aux traitements qui vont inhiber la production et/ou la fonction des ribosomes.

 

L'hémanthamine déclenche tout un processus antitumoral : en effet l’acaloïde,

  • bloque la production de protéines via les ribosomes, ce qui ralentit la croissance des cellules cancéreuses ;
  • inhibe également la production de ces nanomachines dans le nucléole, un sous-compartiment du noyau des cellules dans lequel sont « fabriqués » les ribosomes » ;
  • cela induit un stress nucléolaire qui déclenche l'activation d'une voie de surveillance antitumorale conduisant à l'élimination des cellules cancéreuses.

 

 

L'équipe souhaite maintenant tester d’autres alcaloïdes de la jonquille, représentatifs du spectre chimique de ces molécules. L’objectif serait d'identifier le composé chimique le plus prometteur pour de nouveaux traitements contre le cancer.

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