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L’HYPERTENSION chez le jeune adulte impacte la santé cérébrale à vie

Actualité publiée il y a 10 mois 2 jours 3 heures
ASA International Stroke Conference
L'hypertension artérielle (HTA) chez les jeunes adultes induit des changements cérébraux irréversibles à la quarantaine (Visuel Adobe Stock 125291000)

L'hypertension artérielle (HTA) chez les jeunes adultes induit des changements cérébraux irréversibles à la quarantaine, alerte cette étude du Kentucky Neuroscience Institute, présentée lors de la dernière Conférence de l’American Stroke Association (ASA/AHA). Si de nombreuses études ont montré que l'hypertension artérielle perturbe la structure et la fonction des vaisseaux sanguins du cerveau, endommageant ainsi des régions cérébrales essentielles à la fonction cognitive, ces nouvelles données sensibilisent à la précocité de ces effets.

 

Selon les dernières données de American Heart Association (AHA), portant sur la période 2015 à 2019, la prévalence de l’HTA atteint 47 % chez les adultes, avec un taux de mortalité attribuable à l’HTA de 25,1 pour 100.000 personnes.

 

La prévalence de l’HTA est en hausse continue chez les jeunes adultes, âgés de 20 à 40 ans, chez qui elle apparaît liée à des changements cérébraux qui peuvent survenir dès la quarantaine et qui sont observés, en moyenne à l’âge de 55 ans. Ces changements délétères sont de nature à augmenter le risque de déclin cognitif ultérieur, démontre cette recherche présentée lors de l'International Stroke Conference 2022.

Des changements dans le cerveau dès l’âge adulte jeune

L’auteur principal, le Dr Christina Lineback, chercheur en neurologie vasculaire au Northwestern Memorial Hospital de Chicago cite les preuves existantes de ce développement précoce de tels changements cérébraux. Cependant, son étude apporte des preuves supplémentaires des effets cérébraux de l’HTA chez les jeunes adultes avec des conséquences à vie.

 

L’étude a suivi sur une durée de 30 ans, 142 adultes participants à l'étude CARDIA (Coronary Artery Risk Development in Young Adults) et analyse les données d’IRM réalisées à l'âge de 30 ans, à la quarantaine puis vers l'âge de 55 ans. Les chercheurs ont examiné les changements dans les structures cérébrales au milieu de la vie, les ont rapprochés des expositions à des facteurs de risque vasculaires, notamment l'hypertension artérielle, le cholestérol, l'indice de masse corporelle (IMC), le tabagisme et la glycémie. L'analyse constate que :

 

  • les jeunes adultes fortement exposés à ces facteurs de pression artérielle plus élevée, entre les âges de 25 à 55 ans, présentent plus de changements cérébraux visibles à l'imagerie cérébrale à la quarantaine ;
  • ces changements sont de nature à accroître le risque de dysfonctionnement cognitif à la mi-vie et à la fin de la vie, précisent les chercheurs ;
  • ces changements associés à l’HTA ou à ses facteurs de risque sont similaires quelle que soit l’appartenance ethniques et sont donc strictement dépendants du degré d'exposition à l’HTA et à ses facteurs de risque.

 

En conclusion, les auteurs appellent leurs collègues cardiologues ou plus largement professionnels de santé à lutter de manière agressive contre l’HTA chez les jeunes adultes, car les conséquences peuvent être à la fois lourdes et précoces en matière de santé cérébrale.

 

L'équipe travaille actuellement à la mise en œuvre de protocoles permettant de mieux surveiller et de mieux traiter la pression artérielle chez les jeunes

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