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MALADIE ARTÉRIELLE PÉRIPHÉRIQUE : Les jambes des femmes laissées pour compte

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 6 jours
European Heart Journal
Les problèmes artériels au niveau des jambes restent sous-diagnostiqués et sous-traités chez les femmes (Visuel 500747541)

Les problèmes artériels au niveau des jambes restent sous-diagnostiqués et sous-traités chez les femmes, conclut cette équipe d’angiologues et de cardiologues du Heart Research Institute (Australie) qui mettent ici en évidence, dans l’European Heart Journal, les raisons biologiques, cliniques et sociétales pour lesquelles la maladie artérielle périphérique peut être manquée chez les femmes. Les femmes en effet semblent moins bien répondre au traitement et ont de moins bons résultats cliniques.

 

Plus de 200 millions de personnes dans le monde ont une maladie artérielle périphérique où les artères des jambes sont obstruées, limitant le flux sanguin et augmentant le risque de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral. L'AOMI est la principale cause d'amputation des membres inférieurs. Les preuves suggèrent qu'un nombre égal ou supérieur de femmes sont atteintes de la maladie et que leurs résultats sont pires. Cette revue identifie les raisons des inégalités entre les sexes dans la maladie artérielle périphérique (MAP).

Les traitements de la MAP se sont largement développés chez les hommes et sont moins efficaces chez les femmes, conclut cette revue de la littérature qui pose aussi de nombreuses questions et incite à plus de recherches.

« Il est urgent de mieux comprendre

pourquoi nous ne parvenons pas à combler l'écart entre les sexes en matière de santé », note l'auteur principal, le Dr Mary Kavurma, professeur agrégé au Heart Research Institute : « Notre examen de la littérature porte non seulement sur les raisons biologiques, mais aussi sur la manière dont les services de santé gèrent ces problèmes chez les femmes et sur les contraintes spécifiques « sociétales » des femmes en matière de santé. Tous ces facteurs devraient être pris en compte afin de mieux adapter les méthodes de diagnostic et de traitement aux femmes atteintes de MAP ».

 

Un diagnostic plus complexe chez les femmes :

Concernant le diagnostic, la MAP est classée en 3 phases :

 

  1. asymptomatique,
  2. symptômes typiques de douleurs et de crampes dans les jambes lors de la marche, soulagées au repos (appelée claudication intermittente),
  3. ischémie chronique menaçant les membres est la phase la plus sévère et peut entraîner la gangrène ou les ulcères.

Les femmes ne présentent souvent aucun symptôme ou des symptômes atypiques

tels que des douleurs ou des malaises mineurs lors de la marche ou au repos. Elles sont moins susceptibles que les hommes d'avoir une claudication intermittente et 2 fois plus susceptibles de présenter une ischémie chronique.

 

Les hormones semblent jouer un rôle, car les femmes ont tendance à présenter des symptômes typiques (claudication intermittente) après la ménopause. L'indice cheville-bras, qui compare la pression artérielle dans les membres supérieurs et inférieurs, est utilisé pour le diagnostic, mais est moins précis chez les femmes asymptomatiques ou ayant des muscles du mollet plus petits.

 

Un traitement moins fréquent et une réponse au traitement moins positive chez les femmes

Le traitement de la MAP comprend des médicaments, la pratique de l'exercice et l’intervention chirurgicale. Il vise à gérer les symptômes et à réduire les risques d'ulcération, d'amputation, de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral (AVC). Cependant,

 

  • Les femmes sont moins susceptibles de recevoir les médicaments recommandés que les hommes, et répondent moins bien à la thérapie par l'exercice ;
  • les femmes ont des taux de chirurgie inférieurs et ont un risque de décès plus élevé après une amputation ou une chirurgie, que les hommes.

 

La contribution de facteurs biologiques : ceux-ci peuvent contribuer à expliquer les différences entre les sexes dans la présentation, la progression et la réponse au traitement de la maladie. Par exemple, pour des raisons hormonales, les femmes ont un risque plus élevé de caillots sanguins et de petits vaisseaux sanguins, les contraceptifs oraux et les complications de la grossesse sont également des facteurs associés à des taux de MAP plus élevés.

 

La contribution de facteurs cliniques : ces facteurs font référence à la façon dont les patients interagissent avec les services de santé, leurs relations avec les médecins et les processus en place pour diagnostiquer et traiter l'AOMI. Or,

 

  • les professionnels de santé restent encore moins susceptibles de reconnaître l'AOMI chez les femmes que chez les hommes ;
  • les femmes sont plus susceptibles que les hommes d'être mal diagnostiquées ;
  • les femmes ont tendance à minimiser leurs symptômes ;
  • les femmes sont moins susceptibles de discuter de l'AOMI avec leur médecin ;
  • enfin, seulement un tiers des participants aux essais cliniques portant sur les traitements sont des femmes.

 

Des facteurs sociaux entrent en ligne de compte, dont le statut socio-économique, le lieu de résidence, le niveau d’études et les responsabilités familiales.

 

« La pauvreté et les disparités socio-économiques plus élevées chez les femmes dans le monde contribuent à l'augmentation du sous-diagnostic et du sous-traitement de la maladie artérielle périphérique chez les femmes ».

Les patientes sont exhortées à ne pas ignorer les symptômes

« Faites attention aux douleurs dans vos mollets lorsque vous marchez ou au repos. Demandez à votre médecin généraliste de détecter la maladie ». Les femmes ont en effet tendance à attribuer les jambes douloureuses à une vie bien remplie.

 

De nombreuses questions restent encore sans réponse et devront faire l’objet de plus amples études : Pourquoi les femmes sont-elles asymptomatiques ? La maladie est-elle si différente entre les hommes et les femmes, en particulier avant la ménopause ? Et pourquoi les femmes réagissent-elles moins bien au traitement ?

 

« Les réponses à ces questions sont essentielles pour améliorer les traitements, nous avons également besoin de nouveaux essais cliniques qui incluent aussi les femmes ».

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