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MALADIE ARTÉRIELLE PÉRIPHÉRIQUE : « No pain » ne signifie pas forcément « no gain »

Actualité publiée il y a 2 mois 3 jours 9 heures
European Journal of Preventive Cardiology
Environ 200 millions de personnes souffrent de maladie artérielle périphérique (MAP) dans le monde.

Environ 200 millions de personnes souffrent de maladie artérielle périphérique (MAP) dans le monde. A ces patients dont les artères de jambe sont obstruées, cette équipe de l'Université de Toronto, rappelle qu’il n’est pas nécessaire d’appliquer le dicton « No pain, no gain » et que pratiquer l’exercice sans éprouver de douleur peut être tout aussi efficace. Ces conclusions documentées dans l’European Journal of Preventive Cardiology, encouragent ces patients à pratiquer l’exercice, oui mais sans douleur.

 

Lorsque les artères des jambes sont obstruées, cela limite la circulation sanguine dans les jambes et augmente les risques d'accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque. Le tabagisme, le diabète, l'hypertension artérielle et l'hypercholestérolémie sont les principaux facteurs reconnus de MAP. Environ 30% des patients atteints de MAP éprouvent des douleurs et des crampes dans les jambes lorsqu'ils marchent (claudication intermittente). Cependant, comme le soulignent les auteurs dans leur communiqué,  "l’exercice reste la pierre angulaire de la gestion de la maladie », avec l’arrêt du tabac, le choix d'une alimentation saine et si nécessaire, une perte de poids. Ces mesures de mode de vie permettent de réduire considérablement les symptômes de la MAP et d’améliorer la mobilité et la qualité de vie.

 

De l’exercice, oui mais quel exercice ?

Durant des années, la prescription habituelle de pratique de l'exercice, pour les patients atteints de MAP, était de pratiquer quitte à souffrir et de surmonter leur douleur, qu’elle soit modérée ou sévère. « Les dernières recherches montrent que cette approche améliore la distance de marche et la qualité de vie. Cependant, en raison de cette douleur, de nombreux patients atteints de MAP ne font que très peu ou pas d'exercice. Cette composante « douleur » associée aux programmes d'exercice conventionnels est un ennemi de l’observance". Des études plus récentes montrent que la pratique d'exercices adaptés et indolores sont tout aussi efficaces.

 

Absence de douleur et meilleure observance : Cette méta-analyse de 84 études portant au total sur 4.742 patients, 64 programmes traditionnels et 58 programmes alternatifs, le confirme, à partir de la comparaison des taux d'achèvement et d'adhésion des programmes d'exercice traditionnels et alternatifs d'une durée d'au moins 4 semaines. L’achèvement a été défini comme la proportion de participants ayant terminé le programme, tandis que l’observance était le pourcentage de séances d’exercices effectuées sur l'ensemble du programme testé.

  • Les programmes traditionnels consistent à marcher jusqu’à induire une douleur modérée à intense, à se reposer jusqu’à ce que la douleur s’apaise, puis à répéter le processus ;
  • Les programmes alternatifs comprennent la marche sans douleur, la pratique du vélo d’exercice pour les bras, l’entraînement de résistance, l’exercice aérobie pour les membres inférieurs et la marche avec des bâtons ;
  • Les taux d'achèvement s’avèrent 6% plus élevés dans les programmes alternatifs vs la marche pénible ou douloureuse (86,6% vs 80,8%) ;
  • l'observance des programmes alternatifs est supérieure de 8% vs marche pénible ou douloureuse (85,5% vs 77,6%).

 

 

La douleur joue un rôle majeur dans les taux d'achèvement et l’observance, conclut l’auteur principal, le Dr Lin : « Marcher jusqu'à en avoir mal est efficace, mais seulement chez quelques patients bien déterminés. De nombreux cliniciens et chirurgiens vasculaires prescrivent toujours ce type d'exercice, mais il est important de considérer d'autres types d'activité, qui font également leurs preuves ». En particulier, les patients atteints de MAP ne sont pas suffisamment orientés vers des programmes de réadaptation et de prévention cardiaques. Un programme d'exercice individualisé devrait être élaboré pour chaque patient, en tenant compte de ses préférences et de ses limites.

 

La douleur n'est pas une nécessité pour que l'exercice soit efficace chez es patients atteints de maladie artérielle périphérique. L’important reste d’optimiser les chances de pratique à long terme, concluent les chercheurs.

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