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MALADIE CORONARIENNE : Découverte de nouvelles cibles de prévention primaire

Actualité publiée il y a 4 mois 3 semaines 2 jours
Nature Genetics
Ces découvertes de près d’une douzaine de nouveaux gènes susceptibles de préfigurer la maladie coronarienne vont aider à mieux prévenir sa progression (Visuel Adobe Stock 102697862).

Ces découvertes de près d’une douzaine de nouveaux gènes susceptibles de préfigurer la maladie coronarienne, par une équipe de scientifiques de l’University of Virginia Health System, vont aider à mieux prévenir sa progression. Le concept, documenté dans la revue Nature Genetics consiste à cibler via ces gènes, l’accumulation de calcium à l’intérieur des parois des artères coronaires. Une première étape cruciale dans l’identification des mécanismes biologiques à cibler pour la prévention primaire des maladies coronariennes

 

Ces travaux pourraient changer la donne dans le traitement d’une maladie responsable de plus de 17 millions de décès par an dans le monde. L’auteur principal, Clint L. Miller, chercheur en génomique à l'Université de Virginie précise qu’il s’agit « d’une première étape cruciale dans l’identification des mécanismes biologiques à cibler pour la prévention primaire des maladies coronariennes ».  Car les gènes qui contribuent à l'accumulation de calcium dans nos artères coronaires, pouvant conduire à une maladie coronarienne potentiellement mortelle, une maladie responsable d'un décès sur quatre aux États-Unis. Les médecins pourraient être en mesure de cibler ces gènes avec des médicaments existants – voire des suppléments nutritionnels – pour ralentir ou arrêter la progression de la maladie.

La calcification de l'artère coronaire reflète l'accumulation d'expositions à vie à des facteurs de risque

Car même avant que les personnes ne développent une athérosclérose, il est possible de détecter l’accumulation de calcium à l’intérieur des parois des artères coronaires à l’aide de tomodensitométries (TDM) non invasives. Cette mesure fiable de l'athérosclérose coronarienne subclinique permet de prédire avec précision les futurs événements cardiovasculaires tels que les crises cardiaques ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC), qui restent les principales causes de décès dans le monde. Cette accumulation de calcium est également liée à d’autres maladies liées à l’âge, comme la démence, le cancer, les maladies rénales chroniques ou encore les fractures de la hanche.

 

La génétique a un rôle déjà connu dans l’accumulation de calcium coronarien, mais jusqu’à cette étude, seule une poignée de gènes contributeurs avaient été identifiés. L’équipe de Virginie identifie de nouveaux facteurs génétiques qui peuvent fortement influencer ce risque d'accumulation de calcium coronarien.

 

L’étude, la plus grande « méta-analyse » jamais réalisée pour comprendre les bases génétiques de la calcification des artères coronaires a analysé les données de plus de 35.000 participants, d’ascendance européenne et africaine dans le monde. De précédentes études, menées il y a plus de 10 ans avaient identifié une poignée de gènes, il fallait d’autres recherches pour commencer à identifier les voies sous-jacentes à la calcification des artères coronaires, expliquent les auteurs dans leur communiqué.

 

Plus de 40 gènes candidats identifiés : en combinant plusieurs méthodes d'analyse statistique, les scientifiques identifient en effet :

 

  • plus de 40 gènes candidats à 11 sites différents des chromosomes qui apparaissent liés à la calcification des artères coronaires ;
  • 8 n’avaient jamais été associés à une calcification coronarienne et 5 n’avaient pas encore été signalés comme associés à la maladie coronarienne ;
  • ces gènes jouent un rôle important dans la détermination du contenu minéral de nos os et régulent les voies métaboliques clés impliquées dans la formation de dépôts de calcium, entre autres fonctions ;
  • l'un des gènes identifiés, ENPP1, est altéré dans de rares formes de calcification artérielle chez les nourrissons ;
  • des gènes sont également identifiés dans la voie de signalisation de l’adénosine, connue pour supprimer la calcification artérielle ;
  • Enfin, des requêtes génétiques et des études expérimentales sur les tissus des artères coronaires humaines et des cellules musculaires lisses confirment les effets directs de ces gènes sur la calcification et les processus cellulaires associés.

 

Une base de développement ou de repositionnement de médicaments : il est clair que cibler les gènes ou les protéines codées pour moduler le processus de calcification constitue une voie prometteuse de prévention et de traitement de l’athérosclérose. Certaines des nouvelles cibles prometteuses pourraient même être sensibles à des changements de régime alimentaire ou à une supplémentation en nutriments, comme la vitamine C ou D.

 

Et pour la surveillance et le diagnostic ? Si des recherches supplémentaires restent nécessaires pour déterminer la meilleure façon de cibler ces gènes et les voies affectées, ces découvertes ouvrent également la voie à une meilleure stratification des risques.

 

« Nous sommes impatients de poursuivre la traduction de ces résultats préliminaires en clinique, ainsi que d’identifier des gènes supplémentaires susceptibles d’optimiser la prédiction des risques dans différents groupes de population »

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