MALADIE de CROHN, MICI : 3 mois de régime hypocalorique pour réduire les symptômes
C’est une nouvelle option diététique pour la maladie de Crohn légère à modérée, que documente cette équipe de gastroentérologues et de nutritionnistes de la Stanford Medicine. Cet essai clinique national, randomisé et contrôlé, publié dans la revue Nature Medicine, démontre qu'un régime hypocalorique de courte durée améliore significativement les symptômes physiques et les marqueurs biologiques de la maladie.
La question la plus fréquemment posée par les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) à leur médecin est « que dois-je manger ? ». Même pour les médecins, il est difficile d'y répondre. Peu d'études de grande envergure ont porté sur les interventions diététiques dans le cadre des MICI, un groupe de maladies qui comprend la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn.
La maladie de Crohn est une maladie fréquente mais pour laquelle on dispose de peu de traitements. La maladie est caractérisée par une inflammation du tube digestif, entraînant des symptômes tels que diarrhée, crampes, douleurs abdominales et perte de poids. Les stéroïdes sont le seul traitement approuvé pour ses formes légères, mais leur utilisation est limitée par leurs effets secondaires importants, notamment en cas d'utilisation prolongée.
De précédentes recherches ont suggéré qu’un régime mimant le jeûne chez les patients atteints de la maladie de Crohn pouvait réduire les taux de protéine C-réactive (CRP), un marqueur courant de l'inflammation systémique chez ces patients.
Une nouvelle piste diététique pour les patients souffrant de MICI
L’étude, un essai clinique national, randomisé et contrôlé, est basé sur les données alimentaires, les symptômes et les marqueurs biologiques de 97 participants atteints de la maladie de Crohn légère à modérée. 65 participants ont été invités soit à suivre un régime mimant le jeûne, 32 à poursuivre leur alimentation habituelle pendant 3 mois consécutifs. L’essai démontre que :
- un régime hypocalorique de courte durée réduit significativement les symptômes physiques et les marqueurs biologiques de la maladie ;
- ce régime hypocalorique permet une diminution significative des marqueurs objectifs de l'inflammation dans les échantillons biologiques, parallèlement à une amélioration des symptômes cliniques ;
- une diminution significative de la calprotectine fécale, une protéine des selles qui indique une inflammation intestinale est observée dans le groupe suivant un régime mimant le jeûne, vs témoin ;
- certains médiateurs lipidiques pro-inflammatoires dérivés des acides gras diminuent également chez les participants du groupe suivant le régime hypocalorique ;
- enfin, les cellules immunitaires de ces participants produisent moins de molécules inflammatoires ;
- des modifications du microbiote intestinal, actuellement à l’étude, peuvent également expliquer certains de ces bienfaits.
Ces résultats vont aider les médecins à orienter leurs patients vers un régime alimentaire qui puisse réduire leurs symptômes.
« Jusqu'à présent, les informations diététiques que nous pouvions apporter à nos patients étaient très limitées », explique l’auteur principal, le Dr Sidhartha R. Sinha, professeur de gastro-entérologie et d'hépatologie : « notre étude apporte aux médecins de nouvelles preuves pour étayer leurs recommandations diététiques ».
Il reste encore beaucoup à faire pour comprendre les mécanismes biologiques bénéfiques sous-jacents à l'action de ce régime.
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