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Maladie de CROHN : Une nouvelle piste pour juguler l’inflammation

Actualité publiée il y a 1 mois 22 heures 17 min
Cellular and Molecular Gastroenterology and Hepatology
Les traitements actuels de la maladie de Crohn consistent à contrôler les symptômes de la maladie dans sa phase aiguë.

Ces chercheurs de la Case Western Reserve University (Cleveland) identifient une nouvelle cible thérapeutique pour la maladie de Crohn : le principe est de parvenir à réguler l'interaction entre une classe de protéines appelée facteurs de nécrose tumorale et des récepteurs situés à la surface des tissus chez les patients atteints. Ces données présentées dans la revue Cellular and Molecular Gastroenterology and Hepatology, laissent espérer que le blocage pharmacologique de ces récepteurs de surface, pourrait réduire l’inflammation et la fibrose au cours de la maladie.

 

Des millions de personnes vivent avec la maladie de Crohn (MC) et ses symptômes handicapants au quotidien, dont les douleurs abdominales, une détresse intestinale, une perte de poids importante. La maladie de Crohn est une maladie intestinale inflammatoire (MICI) dans laquelle le système immunitaire de l'organisme attaque le tractus gastro-intestinal. Les traitements actuels consistent à contrôler les symptômes de la maladie dans sa phase aiguë. L’équipe de Cleveland identifie ici une voie du système immunitaire activée par la maladie et qui semble une cible prometteuse pour le développement de nouveaux traitements.

Réguler l’expression et l’activité du facteur de nécrose tumorale

Les chercheurs ont étudié, chez des souris modèles de la maladie, l'interaction entre une classe de protéines appelée facteurs de nécrose tumorale et des récepteurs de surface, appelés Fn14. L’objectif était de voir comment le facteur de nécrose tumorale (ou TWEAK) et son récepteur cellulaire, Fn14, peuvent jouer un double rôle : un rôle de protection de l'intestin contre les inflammations aiguës et chroniques, mais aussi dans certains cas, un rôle de déclenchement de l’inflammation et de la maladie. Depuis plus de 20 ans des équipes de recherche travaillent à mieux comprendre cette interaction TWEAK / Fn14 et son rôle dans l'inflammation.

  • Au début de l'inflammation, TWEAK / Fn14 s'active pour réparer les lésions tissulaires ;
  • mais une fois l’inflammation devenue chronique, l’augmentation et le maintien des niveaux de Fn14 peuvent conduire à une inflammation pathologique et à une fibrose; c'est ce que démontrent ici les chercheurs.

 

 

Vers un traitement plus efficace aux résultats plus durables : les traitements actuels (stéroïdes et anticorps monoclonaux), peuvent fonctionner pendant un certain temps, mais cessent souvent d'être efficaces. Ils peuvent également provoquer une hypertension, une infection et un risque de malformations congénitales chez les femmes enceintes traitées pour une MICI. L’équipe a donc naturellement cherché à confirmer ses résultats chez l’Homme. La confirmation est apportée in vitro par analyse moléculaire de tissus intestinaux réséqués provenant de patients atteints ou non de MICI. L’analyse révèle en effet une surexpression significative de TWEAK / Fn14 dans les tissus de patients atteints.

 

C’est donc l’espoir de traitements innovants permettant de bloquer Fn14 dans la maladie de Crohn. Et, au-delà de maladie de Crohn, l'étude a également des implications pour le cancer, l'inflammation chronique pouvant favoriser l'apparition et la croissance de tumeurs colorectales chez les patients atteints de MICI.

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