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MALADIE du FOIE GRAS : Silençage génique contre stéatose hépatique

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 2 jours
The Lancet Gastroenterology and Hepatology
L'approche de silençage génique permet ici une baisse considérable de la graisse du foie sans augmentation correspondante des lipides sanguins (Visuel Adobe Stock 330680589)

Le principe est de « faire taire » un gène pour inhiber la production d’une protéine délétère. Avec cet essai de phase II, l’équipe de l’Université de Californie - San Diego démontre que son traitement antisens ou de silençage génique permet bien d’éliminer la production d’une enzyme clé, de réduire ainsi la production de triglycérides et de freiner la progression de la stéatose hépatique non alcoolique ou maladie du foie gras. Ces travaux, présentés dans le Lancet Gastroenterology and Hepatology ouvrent une nouvelle option thérapeutique pour un trouble métabolique chronique qui affecte aujourd'hui des centaines de millions de personnes dans le monde.

 

Car l'approche de silençage génique, plus largement utilisée dans le traitement de certains cancers, représente également une toute nouvelle option permettant d'inverser la maladie du foie gras non alcoolique. Une telle stratégie vise à cibler certains gènes et à moduler leur expression de manière à réguler la production de certaines protéines impliquées dans la maladie.

Une baisse considérable de la graisse du foie sans augmentation correspondante des lipides sanguins

La stéatose hépatique se développe lorsque la graisse s'accumule dans les cellules du foie en raison de causes autres qu'une consommation excessive d'alcool, dont un régime alimentaire trop riche et certains facteurs génétiques. La maladie est généralement diagnostiquée à un stade avancé qui peut entraîner une cirrhose, un cancer du foie et une insuffisance hépatique. Le traitement actuel consiste principalement à réduire les facteurs de risque, avec entre autres changements de mode de vie, la perte de poids, l'amélioration de l'alimentation, la pratique de l’exercice physique et le contrôle de comorbidités telles que le diabète et l'hypertension. Il n'existe aucun médicament approuvé et, dans les cas extrêmes, une greffe de foie peut être envisagée. Il existe donc un besoin important de traitement.

 

Dans cet essai de phase II à double insu, randomisé et contrôlé par placebo, mené auprès de 44 patients atteints de 16 sites au Canada, en Pologne et en Hongrie, les participants ont reçu durant 13 semaines, une injection d'un inhibiteur antisens appelé IONIS-DGAT2 ou d'un placebo. L'inhibiteur, interfère avec l'une des deux formes enzymatiques nécessaires pour catalyser ou accélérer la production de triglycérides (DGAT2)- dont des niveaux élevés favorisent l’accumulation de graisses dans tout le corps, dont le foie. L’essai montre qu’après 13 semaines de traitement,

  • les participants ayant reçu l'inhibiteur d'enzyme bénéficient d’une réduction significative des niveaux de foie gras sans pour autant présenter des niveaux élevés de graisses, d'enzymes ou de sucres dans le sang ;
  • 6 effets indésirables sévères ont néanmoins été signalés, dont un arrêt cardiaque et une thrombose veineuse profonde, des événements jugés comme indépendants du médicament à l'étude.

 

Le traitement entraîne ici une réduction considérable de la graisse du foie sans augmentation correspondante des lipides sanguins et donc un ralentissement de la progression de la stéatose hépatique.

 

Des essais à plus long terme et sur un plus large échantillon sont déjà planifiés afin de valider le potentiel de ce médicament antisens dans le traitement d’une maladie dont la prévalence déjà considérable croît rapidement.

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