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MALTRAITANCE : 1 bébé sur 20 subit des violences physiques

Actualité publiée il y a 1 mois 3 jours 19 heures
EClinicalMedicine
1 bébé sur 20 subit des violences physiques de la part de ses parents ou de ses proches, au cours de ses 2 premières années de vie (Visuel Adobe Stock 261951085)

Cette méta-analyse menée par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique « fait froid dans le dos » : 1 bébé sur 20 subit des violences physiques de la part de ses parents ou de ses proches, au cours de ses 2 premières années de vie. Ces données publiées dans la revue EClinicalMedicine, mettent en lumière un problème de santé publique encore trop largement ignoré.

 

Cette recherche est également la première à rassembler des témoignages anonymes de soignants concernant des comportements tels que les fessées, les gifles, les secousses et les coups. Elle rappelle aussi l’évidence, soit que les nourrissons sont des êtres sans défense, encore incapables de s’exprimer, et entièrement dépendants de leurs parents, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l’agression physique. L’agression physique peut survenir dans de nombreuses circonstances, en particulier lors de moments de stress pour les parents épuisés, mais aussi au sein de familles confrontées à d’autres difficultés, comme des problèmes de santé mentale ou la violence domestique.

 

L’auteur principal, le Dr Nichole Fairbrother, professeur agrégé de clinique au département de médecine familiale de l’Université de la Colombie-Britannique, spécialiste de l’anxiété périnatale, relève : « environ 4 à 5 % des parents adoptent des comportements physiquement agressifs envers leur bébé.

Cela doit nous interpeller et nous amener à réfléchir aux interventions susceptibles de sensibiliser et de modifier ces comportements ».

Certains parents considèrent encore la fessée ou les claques comme de simples mesures de « discipline », pourtant ces formes de violence peuvent avoir des effets durables sur l’apprentissage, le comportement et la santé mentale de l’enfant.

L’étude, une revue de la littérature et la méta-analyse de 20 études portant sur plus de 220.000 nourrissons de plusieurs pays, révèle que :

  • 4,8 % des parents reconnaissent avoir commis au moins un acte d'agression physique envers un nourrisson de moins de 24 mois ;

  • ce taux est légèrement inférieur (3,9 %) lorsque les violences jugées « plus bénignes », comme les fessées, sont exclues, mais le constat reste le même :
  • ce phénomène de violence envers le petit enfant est courant et reste largement invisible ;
  • les secousses, pourtant moins fréquemment diagnostiquées touchent environ 2 à 3 %. Les fessées constituent la forme la plus fréquente de violence envers le petit enfant ;
  • il existe des preuves d’un lien entre ces actes et les préjudices subis et le risque accru de violence encore plus grave ensuite, envers l’enfant plus âgé ;
  • il est essentiel de comprendre la fréquence et les raisons (ou facteurs) de ces comportements pour adapter les services de santé, renforcer la prévention et apporter aussi un soutien aux parents concernés ;
  • il est essentiel de mieux diagnostiquer ces violences faites aux enfants, alors que les statistiques officielles sont souvent sous-estimées : la plupart des organisations de protection de l'enfance ne recensent que les incidents les plus graves, ceux qui sont observés et signalés par un tiers. Cependant, en regroupant les données d’études et d’enquêtes anonymes, il devient possible d’approcher la réalité à l'échelle de la population, expliquent les auteurs.

 

Quelles implications ?

 

  • Il s’agit de mettre en œuvre des mesures pratiques : s'occuper d'un nourrisson est stressant – manque de sommeil, pleurs incessants, soucis financiers – et ce stress peut même amener les parents les plus calmes à réagir de manière inhabituelle et à perdre patience. Les nouveaux parents ont besoin de consignes claires et simples, par exemple sur la conduite à tenir lors des crises de pleurs, de conseils 24 heures sur 24, par des lignes d'écoute facilement accessibles et si nécessaire, de visites à domicile de puéricultrices.
  • Les auteurs appellent aussi à des politiques claires interdisant clairement les différents types de violences physiques envers les enfants : la violence n'a pas sa place dans les soins aux enfants.
  • D’autres recherches doivent être menées, en particulier pour préciser la prévalence de ces violences en fonction de différents facteurs du foyer, mais aussi de l'âge du bébé ou des caractéristiques des parents ou des « éducateurs ».  

Les efforts de prévention doivent être ciblés là où ils sont le plus nécessaires.

« La petite enfance est la période la plus vulnérable de la vie, et de nombreux cas d'agression physique ne sont jamais recensés. Connaître l'ampleur réelle du problème est la première étape pour enrayer la violence faite aux petits enfants ».

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