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MARBURG : Essai clinique positif sur un vaccin prometteur

Actualité publiée il y a 1 année 4 mois 2 semaines
The Lancet
Ce candidat vaccin contre le virus de Marburg (MARV) induit une réponse immunitaire solide sans effet indésirable sévère (Visuel Adobe Stock 526156574)

Ce candidat vaccin contre le virus de Marburg (MARV) induit une réponse immunitaire solide sans effet indésirable sévère, conclut ce petit essai clinique publié dans le Lancet. Développé par une équipe d’immunologues du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID/NIH), le vaccin expérimental s’annonce comme un outil important pour répondre aux futures éventuelles épidémies de virus de Marburg.

 

Le virus Marburg ou MARV, comme le virus Ebola, appartient à la famille des filoviridés (filovirus). La transmission du MARV est presque éradiquée cependant on sait que le virus persiste dans certains réservoirs animaux et dans des sites immunoprivilégiés chez les humains infectés, ayant guéri de la maladie. La maladie cause une fièvre hémorragique virale sévère et entraîne un taux de mortalité qui approche 50 %. De nombreux scientifiques pensent que les épidémies de maladie MARV chez l'homme commencent lorsque le virus fait le saut depuis son hôte animal principal- probablement certaines chauves-souris infectées de manière chronique en Afrique subsaharienne.

 

Les symptômes de la maladie MARV ressemblent à ceux observés avec la maladie à virus Ebola et comprennent la fièvre, des maux de tête, des frissons, des éruptions cutanées, des douleurs abdominales, des vomissements et de la diarrhée. Au fur et à mesure que la maladie progresse, les patients souffrent de dysfonctionnement de plusieurs organes, de délire et d'importants saignements du tractus gastro-intestinal ou d'autres sites pouvant entraîner la mort.

 

Il n’existe actuellement pas de vaccin ni de traitement antirétroviral approuvé pour la maladie à virus Marburg. Cependant, des soins spécifiques dont la réhydratation par voie orale ou intraveineuse et la gestion de certains symptômes spécifiques permettent d’améliorer la survie des patients. Des anticorps monoclonaux et des antirétroviraux (dont le Remdesivir) pourraient également être testés pour la maladie à virus Marburg. En mai 2020, l’Agence européenne du médicament a délivré une AMM pour le vaccin Mvabea contre la maladie à virus Ebola, un vaccin qui pourrait apporter également une certaine protection contre la maladie à virus Marburg.

 

Un vaccin à dose unique qui pourrait protéger contre MARV sur une longue période serait un élément crucial pour conjurer de futures épidémies.

Le nouveau vaccin semble induire une immunité forte et durable contre la glycoprotéine MARV 

95 % des participants ont présenté une réponse anticorps robuste après la vaccination, et 70 % ont maintenu cette réponse pendant plus de 48 semaines.

 

Bons résultats de phase I pour ce candidat-vaccin expérimental MARV: sous l’appellation « cAd3-Marburg », le vaccin utilise un adénovirus de chimpanzé modifié appelé cAd3, qui ne peut plus se répliquer ou infecter les cellules, et affiche une glycoprotéine présente à la surface de MARV pour induire des réponses immunitaires contre le virus. La plateforme vaccinale cAd3 a déjà démontré un bon profil d'innocuité lors de précédents essais cliniques menés sur des vaccins expérimentaux contre le virus Ebola.

 

L’essai a été mené auprès de 40 participants volontaires en bonne santé qui ont reçu une dose unique et faible du vaccin ou une dose plus élevée. Les participants ont été surveillés pour d’éventuels effets indésirables et évalués à intervalles réguliers pendant 48 semaines pour la réponse immunitaire. L’essai aboutit à des résultats très encourageants :

 

  • l’absence d'événements indésirables graves ;
  • une bonne tolérance générale du vaccin expérimental ;
  • un participant du groupe recevant la dose la plus élevée a développé une fièvre après la vaccination, mais cette fièvre s'est résolue dès le lendemain ;
  • le vaccin expérimental induit une immunité forte et durable contre la glycoprotéine MARV : 95 % des participants ont développé une réponse anticorps robuste après la vaccination, et 70 % ont maintenu cette réponse pendant plus de 48 semaines.

 

D'autres essais sont déjà programmés au Ghana, au Kenya, en Ouganda et aux États-Unis. En cas de confirmation de ces résultats prometteurs, le vaccin pourrait être homologué comme outil de réponse d’urgence aux épidémies de MARV.