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MÉMOIRE de TRAVAIL : L’attention influence la force du souvenir mais pas comme on pensait

Actualité publiée il y a 2 années 3 semaines 2 jours
eNeuro
Le  cerveau semble amplifier de manière sélective et intelligente le souvenir le moins codé

La mémoire conserve-t-elle le souvenir d'une série d'événements via une reproduction mnémonique séquentielle et fidèle ou accorde-t-elle la priorité à l’événement qui a mobilisé le plus d'attention ? Cette recherche de qui a décodé toute la dynamique de consolidation d’une séquence d'éléments par magnétoencéphalographie montre, de manière surprenante, que la mémoire de travail peut compenser le manque d'attention. Ainsi, contre toute intuition, pour se souvenir ou rappeler une séquence d'événements, le cerveau concentre ses efforts sur celui qui a attiré le moins d’attention. Une découverte présentée dans la revue eNeuro qui suggère non seulement que pendant le codage initial d'un souvenir, l'attention influence la façon dont l'information est stockée dans la mémoire de travail mais aussi que la mémoire de travail accorde un rappel prioritaire aux événements « faiblement codés ». Une sorte de sécurité mnésique.

 

Rappelons que la mémoire de travail est une mémoire à court terme permettant de stocker et de rappeler des données dans l’objectif de réaliser une tâche.

 

La tâche consistait ici pour les participants à mémoriser 3 stimuli visuels consécutifs, et durant cette tâche, les chercheurs décodaient l’activité de la mémoire de travail par magnétoencéphalographie. Après un délai de 5 secondes, les participants revoyaient une séquence des 3 stimuli et devaient préciser si ces objets étaient affichés dans la même séquence et sinon dans quelle position par rapport à la séquence présentée. Les chercheurs constatent que l'image (ou stimulus) qui a généré la réponse la plus faible dans le cerveau au cours de l'encodage est plus fortement reproduite au moment du rappel. Ainsi, l’expérience permet d’observer que les événements les moins considérés pendant l'encodage dominent ensuite au rappel le contenu de la mémoire de travail.

En pratique, le cerveau semble amplifier de manière sélective et intelligente le souvenir le moins codé pour optimiser son rappel, plutôt que de prendre en compte toute la séquence en accordant à chacun de ses items une valeur équivalente. Ainsi, la mémoire de travail privilégie activement les éléments dont l’encodage devrait être amélioré pour bénéficier d’un rappel équivalent.

 

Un mécanisme de protection, expliquent les chercheurs, qui protège les données contre les interférences pendant la période de stockage alors que les stimuli les plus fortement encodés pourront être rappelés probablement plus facilement à partir de la mémoire à long terme.

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