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MÉNOPAUSE et INFERTILITÉ : La fin d’une idée reçue ?

Actualité publiée il y a 2 années 1 mois 3 semaines
Scientific reports
Les mammifères ont la capacité de créer de nouveaux œufs, au-delà du nombre dont ils « disposent » à la naissance

 

Il y a 13 ans, le professeur Jonathan Tilly, biologiste de la reproduction féminine montrait que, contrairement à la croyance scientifique, les mammifères ont la capacité de créer de nouveaux œufs, au-delà du nombre dont ils « disposent » à la naissance. Son équipe de la Northeastern University (Boston) montre aujourd’hui sans équivoque que les cellules souches présentes dans les ovaires jouent un rôle clé dans la fertilité des mammifères et peuvent être exploitées pour révolutionner les traitements de fertilité. Peut-être même pour retarder la ménopause. C’est à lire dans les Scientific reports.

 

Les mâles de toutes espèces animales peuvent produire de nouveaux spermatozoïdes à tout moment de leur vie. Certaines femelles (mouches, poissons, oiseaux) peuvent produire de nouveaux œufs. Mais depuis des décennies, le principe accepté en biologie de la reproduction était que la nature n'avait pas accordé aux mammifères femelles ou féminines la même capacité que leurs homologues masculins. En 2004, la même équipe révélait qu'un groupe de cellules souches présentes dans les ovaires de souris soutenait la production de nouveaux œufs et remettait ainsi ce principe en cause. Une découverte parfois « dénigrée » par la communauté scientifique. En 2012, la même équipe démontrait que ce groupe de cellules souches ovariennes identifié chez la souris femelle existait également chez les femmes en âge de procréer. Ce groupe avait la même fonction et la même capacité, celle de produire de nouveaux œufs.

 

La confirmation qu’un groupe de cellules souches ovariennes induit la production de nouveaux œufs : l’équipe isole ici ces cellules souches productrices d'ovocytes du tissu ovarien de souris adultes pour pouvoir décrypter leur « parcours » et leur rôle clé dans la production de nouveaux œufs, jusqu’aux embryons et éventuellement des naissances vivantes. Afin de pouvoir suivre ces cellules, les chercheurs les ont génétiquement modifiées pour exprimer un gène de fluorescence. Puis ces cellules ont été réintroduites dans les ovaires de la souris adulte. Les chercheurs ont pu constater la formation de nouveaux œufs.

 

A quel point ces cellules sont-elles importantes ? via une technologie de pointe de « gène suicide », qui permet de tuer et de ressusciter des cellules à la commande, les chercheurs bloquent de manière réversible la production, via ces cellules souches ovariennes, de nouveaux œufs. Alors que les souris produisent normalement environ 60 à 70 nouveaux œufs par jour, en stoppant la fonction des cellules souches ovariennes, celles-ci s’accumulent, et cette accumulation finit par induire les ovaires à cesser de produire de nouveaux œufs. Et une fois que tous les œufs sont épuisés, les ovaires cessent définitivement toute fonction. Ainsi, si les ovaires cessent d’être fonctionnels avec l'âge, ce n'est pas en raison de la disparition de leur capacité à faire de nouveaux œufs mais en raison de la dégradation de l’environnement de ces cellules souches qui s’accumulent dans l’ovaire.

 

Lutter contre l’infertilité : par technique génétique de traçage génétique, les chercheurs suivent ces cellules souches mais cette fois sans modification génétique et en fonction de leur propre auto-marquage. Ils parviennent ainsi à confirmer que ces cellules ont créé de nouveaux œufs et même des petits en bonne santé dans des conditions naturelles, qui, à leur tour, ont donné naissance à une progéniture saine. Il est clair qu’exploiter cette possibilité de produire un nombre illimité d'œufs représente un espoir thérapeutique pour les femmes ayant des troubles de la fertilité et, notamment une alternative à la FIV. La régulation de ces cellules souches pourrait aussi permettre le contrôle de l'horloge biologique féminine. Ici d’ailleurs, l’équipe parvient à stopper avec succès la ménopause…chez la souris.

 

De grandes promesses donc pour rétablir ou prolonger la fertilité, mais non sans risque de faux espoirs… « Nous n’en sommes pas encore là » précisent les auteurs, « mais nous travaillons jour et nuit pour que cela se produise ».

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