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MICI : La stratégie nutritionnelle avant les médicaments

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 6 jours
The Lancet Gastroenterology & Hepatology
Dans la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), le traitement diététique apparaît plus efficace que les médicaments (Visuel Adobe Stock 427550571)

Cette équipe de gastroentérologues de l’Université de Göteborg plaide, dans la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) pour le traitement diététique, plus efficace que les médicaments. Cette petite étude pilote, publiée dans le Lancet Gastroenterology & Hepatology confirme en effet que les « bons » ajustements alimentaires ont permis de réduire les symptômes du syndrome du côlon irritable chez 7 patients sur 10.

 

Le syndrome du côlon irritable (SCI) est l’une des MICI les plus courantes, ses symptômes comprennent des douleurs abdominales, des gaz et des ballonnements abdominaux, de la diarrhée et de la constipation, qui chroniques et selon le degré de gravité, peuvent obérer la qualité de vie.

 

Le traitement des MICI dont le SCI comprend parfois des conseils diététiques tels qu’alléger ses repas, éviter la consommation excessive de « déclencheurs » alimentaires tels que le café, l'alcool et les boissons gazeuses. Certains patients se voient prescrire des médicaments pour réduire certains symptômes spécifiques, comme les ballonnements ou la constipation, la diarrhée ou les douleurs abdominales. Les antidépresseurs sont même parfois utilisés pour améliorer les symptômes du SCI.

 

L'étude compare 3 traitements, 2 stratégies nutritionnelles et un traitement médicamenteux, sur un suivi de 4 semaines chez 300 participants adultes présentant des symptômes sévères ou modérés du SCI, suivis à l’hôpital universitaire Sahlgrenska de Göteborg. Les participants ont été répartis en 3 groupes donc,

 

  1. le premier a été assigné à un régime pauvre en FODMAPs, à faible apport en glucides fermentescibles, donc en aliments contenant du lactose, des légumineuses, des oignons et des céréales, qui fermentent dans le côlon et peuvent provoquer des douleurs dans le SCI ;
  2. le 2è groupe a reçu un traitement diététique allégé en glucides et riche en protéines et en graisses ;
  3. le 3è groupe a reçu « le meilleur » médicament possible pour chaque participant, en fonction de ses symptômes les plus gênants.

Une échelle établie de notation des symptômes du SCI a permis d’évaluer les 3 stratégies :

  • les symptômes sont mieux contrôlés avec un ajustement alimentaire ;

  • une faible teneur en FODMAPs permet de réduire l’ensemble des symptômes chez 76 % des participants ;
  • la réduction des glucides et des apports plus élevés en protéines et en graisses permet de soulager les symptômes chez 71 % des participants ;
  • seuls 58 % des participants ayant reçu un médicament ont vu leurs symptômes soulagés ;
  • tous les groupes signalent une qualité de vie significativement meilleure, moins de symptômes physiques et moins de symptômes d’anxiété et de dépression ;
  • en dépit du retour aux habitudes alimentaires antérieures, une majorité de participants  des 2 groupes d’intervention nutritionnelle bénéficient toujours d’un soulagement cliniquement significatif de leurs symptômes ; 68 % dans le groupe conseils diététiques traditionnels et faible en FODMAPs, et 60 % dans le groupe régime pauvre en glucides.

 

2 conclusions s’imposent donc, ne pas ignorer une MICI chez un patient et la traiter, et si possible opter pour une intervention nutritionnelle, en première intention.

 

« Nous avons besoin de plus de connaissances sur la meilleure façon de personnaliser ces interventions », concluent les auteurs, « certains facteurs pouvant être déterminants pour la réponse de chaque patient aux différentes options de traitement ».

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