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MICROBIOTE du bébé et risque d’OBÉSITÉ : Les bactéries du méconium prédictrices du surpoids

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 27 min
European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases
les bonnes bactéries peuvent même être affectées par l'utilisation d'antibiotiques par la mère durant sa grossesse.

Le microbiome des premières selles du bébé peut permettre de prédire le risque d’excès de poids à l'âge de 3 ans, conclut cette étude de l’Université Oulu d’Oulu (Finlande), présentée au Congrès européen Clinical Microbiology & Infectious Diseases (ECCMID) à Amsterdam. Ces données confirment aussi l’association entre l’antibiothérapie et le risque d’obésité chez le petit enfant : les bonnes bactéries peuvent même être affectées par l'utilisation d'antibiotiques par la mère durant sa grossesse.

 

L'association entre l'administration d'antibiotiques pendant la petite enfance et le risque de surcharge pondérale a déjà été observée lors de précédentes études épidémiologiques, ce qui suggère que des modifications du microbiome précoce peuvent avoir des effets à long terme sur le métabolisme de l’enfant. Le microbiome précoce est important pour la maturation de l'intestin et la programmation métabolique ultérieure. Son adaptation précoce au stress nutritionnel ou aux stimuli, modifie constamment la physiologie et le métabolisme de l'enfant. L’auteur principal, le Dr Katja Korpela et ses collègues, ont cherché à préciser ce lien entre le microbiome intestinal précoce et le gain de poids chez l’enfant, à l’âge de 3 ans.

 

Les chercheurs ont analysé le méconium ainsi qu'un échantillon de selles de suivi à un an chez 212 nouveau-nés, et relevé le poids et la taille des enfants lors de visites régulières. Les chercheurs ont également pris en compte la prise d’antibiotiques après la naissance. Le séquençage génétique a été utilisé pour déterminer l'espèce et l'abondance relative des différentes bactéries dans les échantillons de selles. L’analyse montre que :

  • les nourrissons ayant reçu un traitement antibiotique au cours de leur première année de vie présentent moins d’Actinobactéries vs les enfants exposés in utero ou traités par antibiotiques à la naissance. A un an, qu’ils aient été exposés aux antibiotiques in utero, à la naissance ou au cours de la première année de vie, ces bébés présentent moins d’Actinobactéries que les enfants n’ayant jamais été exposés aux antibiotiques, ce qui suggère un effet de long terme des antibiotiques sur la composition du microbiote intestinal de l’enfant ;
  • les nouveau-nés qui développent à 3 ans une surcharge pondérale présentent à 1 an, une abondance relative (29% contre 15%) de Bacteroidetes, dans leur microbiome ;
  • ces enfants en surpoids présentent également une plus faible abondance relative de Protéobactéries (19% contre 35%) ;
  • enfin, l'abondance de staphylocoques dans le méconium s’avère inversement associée à la taille aux âges de 1 et 2 ans.

 

 

Si la population bactérienne ou le microbiome à l’âge d’1 an n’apparait pas ici prédicteur du risque de surcharge pondérale, le microbiome du méconium, formé in utero est bien lié au risque d'excès de poids à l'âge de trois ans.

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