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MICROBIOTE et COGNITION: Une flore intestinale saine pour un esprit vif

Actualité publiée il y a 3 années 3 mois 3 semaines
Cell Reports

C’est l’une des premières études à associer à un microbiote sain, non pas à une bonne santé ou un risque réduit de maladies physiques, mais à une bonne santé ou performance cognitives. Un bénéfice médié par le système immunitaire, qui se traduit en pratique par une action des globules blancs, un type de cellules immunitaires qui sert d'intermédiaire entre les bactéries de l'intestin et la neurogenèse dans l'hippocampe. Des conclusions, d’une équipe allemande, présentées dans la revue Cell Reports, qui viennent ajouter aux risques d’un traitement antibiotique prolongé mais présentent également des implications dans la prise en charge de certains troubles mentaux.

Si on sait que l'intestin et le cerveau communiquent par l'intermédiaire des hormones, des produits métaboliques ou de connexions neuronales directes, l'équipe de la Helmholtz Association (Allemagne) identifie, par des tests menés chez la souris, l'intervention d'un type spécial de cellules immunitaires dans le lien entre les bactéries de l'intestin, et le cerveau. Appauvrissement du microbiote, réduction de la neurogenèse : en privant les souris de microbiome intestinal et ou en les exposant à une forte concentration d'antibiotiques, les chercheurs observent que les souris produisent alors beaucoup moins de cellules nerveuses dans la zone de l'hippocampe du cerveau. La mémoire des souris se dégrade en raison d'une neurogenèse ralentie. Appauvrissement du microbiote, appauvrissement du système immunitaire : avec la suppression ou l'altération du microbiote, les chercheurs constatent également, l'appauvrissement d'un groupe de cellules immunitaires spécifiques dans le cerveau, les monocytes Ly6C(hi). Ainsi, dans l'hippocampe du cerveau, après traitement par antibiotiques, et donc réduction de la diversité des communautés bactériennes du microbiote intestinal, la neurogenèse est ralentie et seules quelques nouvelles cellules sont visibles (en rouge, sur visuel ci-contre). Des cellules immunitaires Ly6C(hi) qui jouent ce rôle d'intermédiaire entre le microbiote et l'hippocampe : lorsque les chercheurs éliminent ces cellules chez les souris, la neurogenèse est réduite, et lorsque les chercheurs apportent ces cellules à des souris préalablement traitées par antibiotiques, la neurogenèse reprend. Et lorsque le nombre de monocytes augmente, les performances de mémoire et la neurogenèse s'améliorent chez les souris.


Une nouvelle voie de communication de la « périphérie vers le cerveau » : appliqués à l'homme, ces résultats ne signifient pas que tous les antibiotiques perturbent le fonctionnement du cerveau mais des effets similaires sont possibles, concluent les auteurs, en fonction des niveaux d'exposition.

Ø Ainsi, les antibiotiques pourraient affecter directement la neurogenèse !

Une nouvelle fenêtre ouverte sur les troubles mentaux : les données sont intéressantes pour le traitement de certains troubles mentaux comme la schizophrénie ou la dépression, caractérisés par une neurogenèse déficiente. Ainsi, des probiotiques combinés aux médicaments et à l'exercice physique, pourraient être envisagés pour ces patients.

Des études pilotes cliniques sont déjà en préparation sur le sujet.

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