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MICROBIOTE : Et si l’on parlait un peu du mycobiome intestinal ?

Actualité publiée il y a 1 année 6 mois 1 semaine
Communications Biology
Le mycobiome intestinal influence aussi le métabolisme des aliments transformés et joue ainsi un rôle clé dans le métabolisme de l’hôte (Visuel Adobe Stock 74089322)

Le mycobiome intestinal influence aussi le métabolisme des aliments transformés et joue ainsi un rôle clé dans le métabolisme de l’hôte, conclut cette recherche d’une équipe de gastroentérologues de l’Université d'Alabama à Birmingham.

Zoom dans la revue Communications Biology sur l’action des champignons dans le métabolisme, notamment sur les dépôts de graisse et les hormones métaboliques.

 

Les études du microbiome de l'intestin humain se sont principalement concentrées sur les bactéries. D'autres microbes également présents dans l'intestin, virus, protistes (organismes unicellulaires), archées (bactéries unicellulaires) et champignons, ont été largement négligés. Cette recherche chez la souris dote aussi les champignons de missions essentielles dans l'intestin.  

Ce mycobiome, -ou communautés « de moisissures et de levures »- agit aussi telle une interface entre l'hôte et son alimentation.

Le mycobiome intestinal est façonné par le régime alimentaire

A l’instar des communautés bactériennes, le mycobiome « dépend » de facteurs environnementaux dont l’alimentation de l’hôte. « Le mycobiome induit aussi les résultats métaboliques », explique l’auteur principal, le Dr Kent Willis, professeur à l'Université de l'Alabama : « Nos résultats soutiennent le rôle du mycobiome intestinal dans l'adaptation métabolique de l'hôte, avec des implications importantes pour la conception des études sur le microbiome et le métabolisme de l'hôte ».

 

L’étude de ces champignons dans le jéjunum de l'intestin grêle de souris, soit le site de la population fongique la plus diversifiée de l'intestin de la souris, permet de constater que l'exposition à un régime de type régime occidental typique riche en glucides entraîne des différences persistantes dans les communautés fongiques, significativement associées à la masse corporelle (chez les souris mâles). Ainsi les communautés fongiques s’avèrent associées à différents critères dont le dépôt de graisse dans le foie, l'adaptation transcriptionnelle des tissus métaboliquement actifs et les niveaux de certains biomarqueurs métaboliques sériques.

 

Champignons du mycobiome et prise de poids ? Les variations de champignons de 2 genres, Thermomyces et Saccharomyces, apparaissent les plus fortement associées aux perturbations métaboliques et à la prise de poids. Ces variations associées aux modifications métaboliques sont retrouvées de manière similaire chez les bactéries. À une diversité fongique et bactérienne, pourrait correspondre des effets métaboliques spécifiques de différents régimes alimentaires.  

 

Les champignons proviennent-ils de l'alimentation ou sont-ils de véritables organismes commensaux qui colonisent et se répliquent dans l'intestin ? Par le séquençage du mycobiome de souris, les chercheurs montrent que les champignons du jéjunum sont aussi de véritables colonisateurs commensaux.

 

On retiendra que les variations de composition du mycobiome intestinal sont en corrélation avec les principales caractéristiques du métabolisme de l'hôte. Il reste à mieux cerner, ce qui constitue un champ de recherche considérable, les interactions complexes « interkingdom », soit entre les bactéries et les champignons et à comprendre comment ces deux types de microorganismes contribuent ensemble à l'homéostasie de l'hôte.

 

De premières observations qui mettent en évidence l'importance du mycobiome intestinal pour la santé, un domaine de recherche jusque-là négligé.

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