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MICROPLASTIQUES : Le probiotique qui les élimine de l’organisme

Actualité publiée il y a 17 heures 27 min 41 sec
Bioresource Technology
Un probiotique issu du kimchi, un condiment composé principalement de chou chinois, favorise la fixation et l'élimination des nanoplastiques intestinaux (Visuel Adobe Stock 1053904973)

Un probiotique issu du kimchi, un condiment composé principalement de chou chinois, favorise la fixation et l'élimination des nanoplastiques intestinaux, révèle cette équipe de biologistes du Ministry of Science and ICT (Corée du Sud). La recherche montre que certaines bactéries lactiques issues du kimchi présentent des propriétés incomparables d'adsorption des nanoplastiques. Des propriétés qui permettent, chez l’animal, une augmentation de plus du double de l'excrétion fécale ce ces nanoplastiques.

 

Les nanoplastiques sont des particules de plastique ultrafines, plus fines que les microplastiques, mesurant moins d'un micromètre (µm ; un millième de millimètre), générées lors de la dégradation de matériaux plastiques plus volumineux. Ces particules peuvent pénétrer dans l'organisme humain par l'alimentation et l'eau potable. Du fait de leur taille extrêmement réduite, les nanoplastiques peuvent traverser la barrière intestinale et s'accumuler dans des organes tels que les reins et le cerveau.

Il n’existe à ce jour aucune stratégie biologique ou thérapeutique permettant de réduire l'accumulation de nanoplastiques dans le tractus gastro-intestinal.

La recherche identifie une bactérie lactique précise, isolée du kimchi, qui favorise l'élimination des nanoplastiques de l'organisme en s'y fixant dans l'intestin.

 

L’étude évalue la capacité d'adsorption d'une bactérie lactique isolée du kimchi, Leuconostoc mesenteroides CBA3656, vis-à-vis des nanoplastiques de polystyrène (PS-NP). Ces travaux révèlent que :

 

  • dans des conditions de laboratoire standard, la souche CBA3656 présente une efficacité d'adsorption élevée de 87 %, comparable à celle de la souche de référence Latilactobacillus sakei CBA3608 (85 %) ;
  • cependant, dans des conditions intestinales humaines simulées, alors que le taux d'adsorption de la souche CBA3608 chute brutalement à 3 %, la souche CBA3656 maintient un excellent niveau d'adsorption, à 57 % ;
  • ces observations suggèrent que cette souche isolée du kimchi peut fixer durablement les nanoplastiques, dans un environnement similaire au tractus intestinal humain ;
  • des expériences menées sur la souris axénique : ces souris ayant reçu le probiotique CBA3656 présentent une augmentation de plus du double de la quantité de nanoplastiques détectée dans leurs selles ;
  • ainsi, le probiotique pourrait contribuer à l'excrétion des nanoplastiques.

 

Ces bactéries lactiques isolées du kimchi peuvent interagir avec les micropolluants environnementaux au-delà de leur rôle traditionnel dans la fermentation. Elles pourront donner lieu à des probiotiques susceptibles de réduire l'accumulation de nanoplastiques dans le tractus gastro-intestinal.

 

« La pollution plastique est de plus en plus reconnue non seulement comme un problème environnemental, mais aussi comme un enjeu de santé publique », conclut l’auteur principal, le Dr Sehee Lee : « Nos résultats suggèrent que les micro-organismes issus d'aliments fermentés traditionnels pourraient constituer une nouvelle approche biologique pour relever ce défi émergent. Nous continuerons à valoriser scientifiquement les ressources microbiennes du kimchi afin de contribuer à des solutions en matière de santé publique et d'environnement ».

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