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MIGRAINE et PHOTOSENSIBILITÉ : Mais pourquoi cette intolérance à la lumière ?

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 22 heures
The Journal of Headache and Pain
C'est un nouvel éclairage sur la photosensibilité associée à certains types de migraine (Visuel adobe Stock 722676485)

Cette équipe d l’Université de Liverpool apporte un nouvel éclairage sur la photosensibilité associée à certains types de migraine, en identifiant une protéine spécifique jouant un rôle clé dans le déclenchement de cette photophobie. Ces travaux, publiés dans le Journal of Headache and Pain, ouvrent la perspective de cibler cette molécule afin de calmer ce symptôme, parmi les plus invalidants de la migraine.

 

Les maux de tête, les céphalées, ou la migraine touchent périodiquement 15 % de la population, 1 à 2 % en souffrant régulièrement, soit environ 10 à 15 jours sur un mois. Les céphalées étant un type de mal de tête caractérisé par une tension et une douleur moins intenses et plus diffuses bilatérale sur le crâne, sans autre symptôme sévère.

 

L’auteur principal, Xi'an Jiaotong chercheur à l’Université de Liverpool résume : « cette molécule clé appelée NEAT1 de la photosensibilité pendant les migraines perturbe l'activité d'autres molécules dans le cerveau, ce qui induit, finalement une sensibilité nerveuse accrue ».

Une molécule responsable de la photosensibilité dans les migraines

NEAT1 appartient à un groupe de molécules appelées ARN longs non codants. Contrairement à la plupart des ARN, qui contiennent les instructions pour la fabrication des protéines, les ARN longs non codants régulent divers processus cellulaires et contribuent au fonctionnement d'autres gènes. NEAT1 est connue pour son implication dans les réactions inflammatoires et dans le stress du système nerveux. Cependant, son rôle précis dans les symptômes liés à la migraine, comme la photophobie, n'avait jamais été documenté.

 

L’étude utilise une substance chimique spéciale pour déclencher la sensibilité à la lumière chez la souris, modèle de migraine et examine une région du système nerveux appelée ganglion trijumeau, connue pour son implication dans ce type de douleur. Ces analyses révèlent que :

 

  • les taux de NEAT1 dans cette région augmentent significativement lors des épisodes de sensibilité à la lumière ;
  • la réduction des niveaux de NEAT1 réduit la sensibilité à la lumière chez la souris ;
  • NEAT1 interagit avec 2 autres molécules importantes du cerveau. L'une est un microARN appelé miR-196a-5p, qui contribue normalement à contrôler le gène Trpm3. Trpm3 produit une protéine impliquée dans la signalisation nerveuse et la douleur. Lorsque les taux de NEAT1 sont élevés, NEAT1 se lie à miR-196a-5p, l'empêchant ainsi de remplir sa fonction. En conséquence, les taux de Trpm3 augmentent,
  • la sensibilité nerveuse augmente et la lumière devient douloureuse ;

  • enfin, le blocage de NEAT1 ou de la protéine TRPM3 réduit significativement cette hypersensibilité.

 

En conclusion, la découverte de cette voie de photophobie ouvre une nouvelle perspective sur un symptôme migraineux déroutant et, si des recherches supplémentaires sont nécessaires pour explorer son rôle chez l’Homme, 

 

c’est une précieuse étape vers une prise en charge de la photophobie chez les personnes migraineuses.

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