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OBÉSITÉ : 13 gènes porteurs de variations associées à l'IMC

Actualité publiée il y a 3 années 1 semaine 3 jours
Nature Genetics
Cette étude identifie 13 gènes porteurs de variations associées à l'indice de masse corporelle (IMC).

Il y a le régime alimentaire et l'activité physique, mais pas seulement. Nos gènes déterminent également la facilité avec laquelle nous prenons ou perdons du poids. Cette étude de l’École de médecine Mount Sinai (New York), publiée dans la revue Nature Genetics identifie 13 gènes porteurs de variations associées à l'indice de masse corporelle (IMC). C’est la première étude à grande échelle à identifier les variations génétiques majeures qui peuvent avoir un impact direct sur la fonction de ces gènes de l’obésité.

 

Il s’agit du résultat de tests génomiques portant sur des centaines de milliers de personnes. Jusqu'à présent, les variations génétiques identifiées étaient simplement des « tags » sur le génome qui mettaient en évidence des séquences d'ADN d'intérêt. Cette étude identifie un ensemble spécifique de variations génétiques susceptibles d'affecter la fonction des gènes et de leurs protéines et qui affectent ainsi le poids corporel.

 

Cette collaboration internationale impliquant plus de 250 institutions de recherche, menée par le Dr Ruth Loos, PhD, professeur à l'École de médecine Icahn au Mont Sinaï a analysé les données génétiques de plus de 700.000 individus en combinant 125 études différentes. C’est donc la plus grande étude d'association génétique menée à ce jour autour de l’obésité et du poids corporel.

 

14 variations génétiques dans 13 gènes sont identifiées qui peuvent entraîner un « surpoids » ;

  • une des variations, dite « risquée », portant sur le gène MC4R, peut amener les porteurs à peser près de 7 kilos de plus, en moyenne, vs les sujets qui ne portent pas la variation : environ 1 sur 5.000 individus porte cette copie à risque, qui empêche le gène de produire la protéine nécessaire pour informer le cerveau d'arrêter de manger. Bien que cette variante ait été identifiée il y a déjà 20 ans chez certains patients atteints d’obésité extrême et précoce, l’étude montre que cette variation affecte également le poids corporel en population générale.
  • 2 variantes affectent la fonction du gène GIPR : environ 1 personne sur 400 porte une « copie de protection » de l'une ou l'autre variante qui induit un poids corporel de plus de 2 kilos de moins vs les non-porteurs.
  • 8 des 13 gènes identifiés ont déjà été documentés comme associés à l'obésité et nécessiteront des recherches supplémentaires pour mieux comprendre les mécanismes par lesquels ils affectent le poids corporel.

 

 

13 gènes qui jouent un rôle crucial dans le contrôle neuronal du poids corporel : en effet,

  • certains des gènes identifiés agissent dans le cerveau par des voies qui vont affecter l'apport alimentaire, la faim, la satiété, etc. Les sujets qui héritent de ces variations génétiques peuvent avoir plus de difficulté à moins manger ou à s’arrêter de manger que ceux qui n'ont pas hérité de ces variations.
  • D’autres, parmi les gènes identifiés, agissent sur des voies qui affectent la dépense énergétique et la biologie des cellules adipeuses.

En identifiant à la fois les gènes et les voies biologiques à travers lesquelles ils interviennent, les chercheurs se disent sur le point de comprendre pourquoi certaines personnes prennent du poids plus facilement que d'autres, ce qui est essentiel pour développer des traitements efficaces.

L’étude apporte ainsi de nouvelles cibles précieuses pour des interventions thérapeutiques, qui pourraient être personnalisées bien sûr en fonction des variations génétiques portées par chaque patient.

 

« Cependant, des recherches plus approfondies sur chacun des gènes identifiés sont nécessaires pour comprendre les mécanismes par lesquels ils agissent », concluent les chercheurs.

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