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OBÉSITÉ : De moins en moins de jeunes se perçoivent comme en surpoids

Actualité publiée il y a 11 mois 3 semaines 6 jours
Child and Adolescent Obesity
Moins d'adolescents se perçoivent désormais comme étant en surpoids, pourtant les taux d'obésité grimpent (Visuel Adobe Stock 278509843)

Moins d'adolescents se perçoivent désormais comme étant en surpoids, pourtant les taux d'obésité grimpent, révèle cette étude internationale menée auprès de centaines de milliers de jeunes. L’équipe de chercheurs de l'Université du Luxembourg confirme, avec ces données publiées dans la revue Child and Adolescent Obesity une grande évolution dans la perception du poids corporel, avec 2 grandes implications, une moindre dégradation de l’image de soi chez les jeunes en surpoids, mais aussi une moindre efficacité des interventions de Santé publique pour lutter contre l'obésité.

 

Précisément, l’analyse, menée sur les données de plus de 745.000 adolescents vivant dans 41 pays d'Europe et d'Amérique du Nord et sur la période 2002-2018, identifie une tendance générale à l’augmentation du nombre d'adolescents qui sous-estiment leur poids corporel. Mais elle identifie aussi une diminution notable du nombre de ceux qui surestiment leur poids.

 

L'équipe d'auteurs, experts internationaux, avertit que ces tendances changeantes dans la perception du poids corporel pourraient réduire l'efficacité des interventions de lutte contre l’obésité.

 

« Au cours de cet âge critique, la perception du poids corporel peut influencer les choix de vie d'un jeune, tels que la quantité et les types d'aliments consommés et la pratique de l’exercice », ajoute l'auteur principal, le Dr Anouk Geraets, du Département des sciences sociales de l'Université du Luxembourg.

Une tendance préoccupante pour les jeunes, et en santé publique

La perception du poids ne reflète pas nécessairement avec précision le poids corporel réel : l’écart peut être soit une sous-estimation, soit une surestimation. Or l’étude révèle que si la sous-estimation augmente, la surestimation diminue.

 

Les jeunes qui sous-estiment leur poids et ne se considèrent donc pas en surpoids peuvent vivre mieux leur surpoids à court terme, mais ne pas ressentir le besoin de perdre le poids en excès, ils peuvent ainsi persévérer dans choix de mode de vie malsains et accroître très rapidement leur risque de maladie chronique, métabolique ou cardiovasculaire, soulignent les chercheurs.

 

L’étude analyse ainsi les données d'enquête de 746.121 jeunes, aux âges de 11, 13 et 15 ans, recueillies à intervalles de 4 ans entre 2002 et 2018 dans le cadre de l'International Health Behaviour in School-Aged Children (HBSC), une étude menée en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L'équipe a modélisé les tendances d’écart d’estimation chez les jeunes participants, en prenant en compte les facteurs de confusion possibles, dont l'âge, le sexe et le statut socio-économique de la famille. Cette large analyse révèle :

 

  • une hausse de la sous-estimation du statut pondéral et une baisse de la surestimation du statut pondéral, chez les deux sexes, mais avec des tendances plus marquées chez les filles ;
  • la perception juste du poids augmente chez les filles avec l’âge, mais diminue chez les garçons ;
  • ces évolutions de la perception du poids et les tendances à la sous-estimation et à la surestimation du statut pondéral diffèrent d'un pays à l'autre, sans pouvoir cependant être expliqués par la prévalence du surpoids/obésité dans le pays en question : ainsi ces tendances de perception s’expliquent plutôt par un contexte culturel.

 

Quelques explications des auteurs : sur les différences entre les filles et les garçons, les idéaux corporels qui ont changé au fil du temps jouent très probablement un rôle clé. Notamment, l'augmentation de la sous-estimation et la diminution de la surestimation du statut pondéral au fil du temps chez les filles peut s'expliquer par l'émergence d'un corps athlétique et fort, en tant que nouvel idéal corporel contemporain pour les 2 sexes. Cet idéal n’était pas celui d'autrefois pour les filles.

 

Des conséquences à la fois positives et négatives : il y a des conséquences positives sur les comportements de perte de poids inutiles et malsains chez les adolescents, par exemple. Cependant, cette tolérance au surpoids implique aussi de nouvelles interventions, en soins primaires notamment, pour renforcer la perception correcte du poids et rappeler aux jeunes que le surpoids et l’obésité peuvent avoir des effets sévères sur la santé, dès l’âge adulte jeune.  

 

L’étude ne couvrait que des pays d'Europe, les États-Unis et le Canada, ces résultats valent donc pour les pays riches mais ne peuvent être généralisés à d'autres régions du monde.

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