OBÉSITÉ, GRAISSE ABDOMINALE : Le sel alimentaire en question
Cette étude, menée par une équipe du Finnish Institute for Health and Welfare (Helsinki, Finlande) précise le rôle du sodium alimentaire dans l'obésité générale et abdominale. Les conclusions, présentées lors du Congrès Européen sur l’Obésité (ECO2025) révèlent un lien dose-dépendant entre la quantité de sel consommée via l'alimentation et le risque d'obésité générale et abdominale.
L'obésité générale est définie ici par un indice de masse corporelle (IMC) de 30 kg/m² ou plus. L'obésité abdominale étant caractérisée par une accumulation de graisse autour de l'abdomen et des organes internes, entraînant un tour de taille élevé. Il a été démontré, rappellent les auteurs, que l'obésité abdominale augmente le risque de maladies métaboliques et cardiovasculaires.
De plus en plus de données suggèrent
une association positive entre la consommation de sodium ou sel alimentaire et le risque d'obésité.
Cette consommation de sodium, qui avait diminué au cours des décennies précédentes est restée plus ou moins stable depuis une dizaine d’années. Ce sodium alimentaire pouvant provenir de l’ajout de sel de table, mais surtout des aliments ultra-transformés.
Ainsi, réduire la consommation de sodium en population générale passe par une collaboration globale avec l'industrie agroalimentaire, soulignent les auteurs.
L’étude examine l'association entre la consommation de sodium, la concentration urinaire de sodium et l'obésité générale et abdominale chez plus de 5.000 participants à l'étude nationale FinHealth 2017 (2 222 hommes, 2 792 femmes, âgés de 18 ans ou plus). L'apport en sodium a été estimé à l'aide d'un questionnaire de fréquence alimentaire. Des échantillons d'urine ponctuels ont été prélevés auprès d'un sous-échantillon de participants (hommes = 558 ; femmes = 702). L'indice de masse corporelle et le tour de taille ont été utilisés pour mesurer l'obésité générale et abdominale. L’analyse révèle que :
- l'apport médian en sodium (converti en apport en sel) est supérieur à la recommandation de l'OMS de 5 grammes ou moins par jour, à l'exception du quartile inférieur de consommation des femmes ;
- tous participants confondus, l'apport en sodium dans le quartile supérieur était 2,3 fois supérieur à celui du quartile inférieur ;
- l'apport moyen en sodium dans le quartile le plus élevé s’élève à 4.900 mg/jour chez les hommes et 3.750 mg/jour chez les femmes. Ces valeurs correspondent à plus de 12 grammes (hommes) ou 9 grammes (femmes) de sel (chlorure de sodium) par jour,
- soit plus ou près du double de la recommandation de l'OMS pour les hommes et pour les femmes.
- les participants avec apport alimentaire élevé en sodium ou concentration urinaire élevée en sodium sont plus susceptibles de souffrir d'obésité générale ou abdominale :
- les femmes du quartile le plus élevé (25 % plus élevés) d'apport en sodium ont un risque multiplié par 4,3 fois de souffrir d'obésité générale et multiplié par 3,4 fois d'obésité abdominale vs quartile le plus bas ;
- les femmes du deuxième quartile le plus élevé ont un risque multiplié par 2,4 fois d'obésité générale vs quartile le plus bas ;
- des associations similaires sont observées sur la base de la concentration urinaire de sodium :
- en utilisant le sodium urinaire, les femmes du quartile supérieur ont un risque multiplié par 4,8 d'obésité vs quartile inférieur ;
- chez les hommes, bien que le profil de risque accru d'obésité soit similaire à celui des femmes pour la consommation de sodium évaluée, les résultats n'atteignent pas la significativité statistique dans tous les quartiles ;
- cependant, sur la base de la concentration urinaire de sodium, les résultats sont statistiquement significatifs:
- les hommes du quartile le plus élevé (25 %) de concentration urinaire de sodium présentent un risque multiplié par 6 d'obésité générale et multiplié par 4,7 d'obésité abdominale vs quartile le plus bas ;
-
différentes sous-analyses confirment la concordance entre la concentration urinaire de sodium et le risque d’obésité.
« Ces résultats renforcent les preuves d'une association entre la consommation de sodium et l'obésité, avec des résultats similaires observés pour le sodium alimentaire et la concentration urinaire de sodium. Il est donc important de mieux comprendre le mécanisme biologique de cette relation », concluent les chercheurs, qui ajoutent :
« Il n’existe aucune explication fiable aux différences entre les sexes ni au phénomène en général. Les données de recherche sont encore très limitées, mais des explications biologiques possibles incluent des modifications de la sécrétion d’hormones de satiété résultant d’une exposition prolongée à une consommation élevée de sel ».
Enfin, tous les aspects de l'alimentation devraient être pris en compte pour lutter contre l'excès de sodium, alors que la majorité de la consommation alimentaire provient de sources autres que les produits primaires non transformés.
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