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OBÉSITÉ INFANTILE : Le déni face au surpoids, mécanisme de défense ou d’aggravation ?

Actualité publiée il y a 1 année 11 mois 1 semaine
Frontiers in Psychology
Un constat simple qui appelle les parents à reconnaître sans dramatiser les problèmes de poids de leur enfant et à faire les ajustements nécessaires pour favoriser leur retour à un poids de santé.

Le déni face au surpoids un mécanisme de défense favorable ? Les enfants en surpoids sont en effet plus susceptibles de sous-estimer la corpulence globale de leur corps et cette perception erronée doit être prise en compte quand il s'agit d'aider ces enfants à mieux contrôler leur poids. Ce constat simple de la Norwegian University of Science and Technology, présenté dans la revue Frontiers in Psychology, appelle les parents à reconnaître sans dramatiser les problèmes de poids de leur enfant et à faire les ajustements nécessaires pour favoriser leur retour à un poids de santé.

 

Le mécanisme de défense est bien connu et similaire chez les personnes gravement sous-pondérées, comme celles souffrant d'anorexie, qui ont tendance à surestimer leur corpulence et se voient « grosses » même si elles ne le sont pas. Les individus en surpoids ont le problème inverse et ont tendance à sous-estimer leur corpulence, un aspect qui devient alors encore plus difficile à aborder et à traiter. Comme l’écrivent les auteurs, « il faut d'abord reconnaître le problème avant de pouvoir le régler ». Ce principe s’applique alors d’autant plus aux parents qui doivent reconnaître que leurs enfants ont un problème de poids ».

    Cette sous-estimation apparaît dose-dépendante de l’importance du surpoids et tend à s’aggraver avec le temps ;

 

L’étude a regardé comment les enfants perçoivent leur propre corpulence à partir de l’analyse des données de la cohorte Tidlig Trygg i Trondheim, qui suit les facteurs de risque et de prévention en santé psychologique et sociale chez un millier d’enfants, tous les 2 ans, depuis l’âge de 4 ans. L’objectif de l’analyse était d’identifier les facteurs qui peuvent favoriser de bonnes habitudes de santé et en particulier prévenir l'obésité, l'inactivité et/ou de mauvaises habitudes alimentaires. Les chercheurs ont notamment regardé comment les enfants estimaient leur corpulence et ont comparé ces estimations à l’évolution réelle de l’IMC de 6 à 8 ans et de 8 à 10 ans. De plus, les enfants ont visionné 7 photos de filles et de garçons avec IMC connu et ont dû choisir la photo qui leur ressemblait le plus. Les chercheurs ont enfin bien pris en compte l'âge et le sexe de l’enfant pour identifier l’existence d’un surpoids et/ou d’une obésité.

 

Les enfants à IMC élevé sous-estiment plus souvent leur corpulence : l’analyse confirme en effet cette propension chez les enfants en surpoids à sous-estimer -plutôt que surestimer- leur corpulence, même si une majorité des enfants en fait une estimation plutôt précise ;

  • les garçons en surpoids sont notamment plus susceptibles de sous-estimer leur corpulence que les filles.
  • Cette sous-estimation apparaît dose-dépendante de l’importance du surpoids et tend à s’aggraver avec le temps ;

 

 

Le déni, un mécanisme de défense : les auteurs interprètent cette sous-estimation comme un mécanisme de défense « qui peut présenter certains avantages » : « Il est raisonnable d'imaginer que la sous-estimation empêche de reconnaître que son corps est « gros » que vous le souhaitez et cela peut être assez rassurant ». Ainsi, les jeunes en surpoids et obèses qui ont une perception juste de leur corpulence sont plus susceptibles d'être déprimés. Ce déni peut être un mécanisme de défense favorable, mais il reste néanmoins un obstacle à la mise en œuvre des changements nécessaires.

 

Ainsi, pour les enfants, la reconnaissance du problème par les parents est essentielle, car les parents sont bien ceux qui devront initier les ajustements nécessaires de mode de vie pour aider leurs enfants à retrouver et à maintenir un poids de santé.

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