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OBÉSITÉ mais bonne santé : Un risque plus élevé de crise cardiaque ?

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 4 jours
Diabetes Obesity and Metabolism et EASD
Si les personnes obèses « en bonne santé » sont plus susceptibles de développer une insuffisance cardiaque que celles de poids normal, elles n’encourent pas un risque significativement accru de crise cardiaque ou d'accident vasculaire cérébral (AVC) (Visuel Adobe Stock 202327579)

C’est presque un autre paradoxe de l’obésité : si les personnes obèses « en bonne santé » sont plus susceptibles de développer une insuffisance cardiaque que les personnes de poids normal, elles n’encourent pas un risque significativement accru de crise cardiaque ou d'accident vasculaire cérébral (AVC). Cette étude menée par une équipe du Centre Hospitalier Universitaire Trousseau (Tours, France), portant sur près de 3 millions de personnes et présentée à la Réunion annuelle de l'Association européenne pour l'étude du diabète (EASD), précise ainsi le risque cardiaque associé à « l'obésité métaboliquement saine » et alerte à nouveau sur le risque d'insuffisance cardiaque particulièrement élevé chez les sujets atteints de troubles métaboliques, indépendamment de leur poids.

 

En résumé, les adultes souffrant d’obésité mais en bonne santé métabolique, c’est-à-dire sans anomalies métaboliques courantes telles que l'hypertension artérielle, l’hyperlipidémie ou encore le diabète ne sont pas plus à risque de crise cardiaque, d’AVC ou de décès cardiovasculaire que les personnes en bonne santé et à poids normal. Cependant, ces adultes obèses en bonne santé métabolique sont environ 33% plus susceptibles de développer une insuffisance cardiaque et une maladie du rythme cardiaque, de type fibrillation auriculaire (FA).

 

L'obésité (IMC supérieur à 30kg/m²) affecte la quasi-totalité des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, en particulier ceux liés au syndrome métabolique dont l’HTA, un mauvais contrôle de la glycémie ou du diabète, et des graisses sanguines anormales, qui facteurs qui doublent le risque de maladie cardiovasculaire comme les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. Cependant, certaines personnes atteintes d'obésité sont exemptes de ces anomalies métaboliques.

Jusqu'à un tiers des personnes obèses pourraient être en bonne santé métabolique.

En fait, on ignore comment le poids et l'état métabolique affectent le développement des différents événements cardiovasculaires chez les personnes obèses ou pas. C’est l’objet de cette étude nationale menée en France qui a suivi près de 3 millions de patients hospitalisés (âgés de 18 ans et plus). Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux des patients admis dans les hôpitaux français entre janvier et décembre 2013, suivis ensuite durant 5 ans, soit 2,9 millions d'adultes, dont 272.838 étaient obèses mais exempts d'événement cardiovasculaire majeur. Les participants ont été répartis en groupes, selon qu’ils présentaient ou non 3 anomalies métaboliques : une hypertension artérielle, un taux anormalement élevé de cholestérol et d'autres graisses dans le sang, ou un diabète).

Les participants qui ne présentaient aucune de ces anomalies ont été classés comme présentant une « obésité métaboliquement saine ».

Enfin, les chercheurs ont pris en compte les facteurs de confusion possibles, dont l'âge, le sexe et le statut tabagique.

Durant le suivi de 5 ans,

 

  • 510.439 événements cardiovasculaires majeurs ont été recensés dont 77.924 crises cardiaques, 391.637 cas d'insuffisance cardiaque, 84.042 AVC et 100.633 décès par maladie cardiovasculaire. 257.287 patients ont développé une fibrillation auriculaire.

 

L'analyse révèle que les participants avec obésité métaboliquement saine, vs les participants métaboliquement sains et de poids normal, présentent :

 

  • un risque accru de 22% de subir un événement cardiovasculaire majeur vs les participants de poids normal sans anomalie métabolique ;
  • un risque accru de 34 % de développer une insuffisance cardiaque et de 33 % de développer une FA ;
  • mais pas d’augmentation du risque de crise cardiaque ou d’AVC.
  • Les hommes obèses sont confrontés à des risques plus élevés que les femmes obèses, vs participants de poids normal sans anomalies métaboliques : les hommes avec obésité métaboliquement saine encourent un risque accru de 61% d'événements cardiovasculaires alors que les femmes avec obésité métaboliquement saine sont 50 % moins susceptibles de subir une crise cardiaque que celles de poids normal.

 

« L'idée qu'un grand nombre de personnes peuvent être obèses mais en bonne santé métabolique est tout simplement fausse », conclut donc l’auteur principal, le Dr Laurent Fauchier du Centre Hospitalier Universitaire Trousseau : « Encourager la perte de poids chez les personnes obèses, qu'elles soient ou non en bonne santé métabolique, aidera à prévenir la fibrillation auriculaire et l'insuffisance cardiaque ».

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