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OBÉSITÉ : Quelques neurones en moins font des kilos en plus

Actualité publiée il y a 2 années 5 mois 2 semaines
Nature Communications

Cette équipe portugaise a développé une nouvelle technique génétique qui permet d’éliminer certains neurones spécifiques du système nerveux périphérique, mais sans affecter le cerveau. En utilisant cette nouvelle technique chez la souris, les chercheurs décryptent la fonction des neurones qui innervent le tissu adipeux et constatent qu’en les éliminant, ils déclenchent une subite prise de poids. Des données présentées dans la revue Nature Communications, qui ouvrent une voie nouvelle pour lutter contre l’obésité et, plus largement, contre de nombreuses maladies liées au système nerveux périphérique. Les chercheurs de l'Institut Gulbenkian de Ciencia (IGC, Portugal) décryptent avec cette étude, les mécanismes neurobiologiques sous-jacents à l'obésité et identifient un ensemble de neurones, extérieurs au cerveau et qui innervent le tissu adipeux. Ils montrent avec ces travaux que l'activation directe de ces neurones brûle de la graisse. L'équipe portugaise a donc regardé si les souris devenaient obèses en l'absence de ces mêmes neurones périphériques et, pour cela, a cherché le moyen de repérer et de cibler ces neurones spécifiques du tissu adipeux, sans toucher aux neurones similaires qui existent également dans le cerveau.

L'élimination de neurones spécifiques à l'extérieur du cerveau déclenche l'obésité : avec des collègues de l'Université de Cambridge, l'équipe de recherche a modifié un outil moléculaire largement utilisé, basé sur l'utilisation de la toxine diphtérique. Cette toxine ne tue que les cellules qui portent son récepteur, des cellules qui n'existent pas chez la souris, sauf à introduire ces récepteurs artificiellement dans des cellules spécifiques que l'on veut suivre et étudier. L'équipe a ainsi génétiquement introduit le récepteur de la toxine diphtérique dans les neurones des souris qui engendrent de la graisse, ce qui rendrait les neurones sensibles à l'action mortelle de la toxine. Cependant, la manipulation génétique a malheureusement introduit aussi le récepteur de la toxine diphtérique dans des neurones du cerveau, ce que les chercheurs ne souhaitaient pas. Par conséquent, l'équipe a dû se tourner vers un autre outil, a modifié chimiquement la toxine diphtérique, en augmentant sa taille (Visuel ci-contre) pour bloquer ainsi son accès au cerveau. Ainsi, les chercheurs sont parvenus à éliminer les neurones du tissu adipeux des souris, sans toucher le cerveau.


Sans neurones « sympathiques », les souris deviennent énormes très rapidement : Si les souris génétiquement ainsi modifiées ne présentent aucune différence de comportement alimentaire, privées de ces neurones sympathiques, elles « deviennent très grosses » et très rapidement.

L'étude apporte donc 2 conclusions, l'importance de ces neurones qui innervent le tissu adipeux pour maintenir une adiposité normale mais aussi la faisabilité d'une ablation génétique à l'extérieur du cerveau, qui peut trouver ses implications non seulement dans le traitement de l'obésité mais d'autres maladies liées au système nerveux périphérique.

03 April 2017 doi:10.1038/ncomms14967 A brain-sparing diphtheria toxin for chemical genetic ablation of peripheral cell lineages (Visuel@Roksana Pirzgalska, IGC)

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