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OBÉSITÉ SARCOPÉNIQUE : Elle annonce la démence chez le patient âgé

Actualité publiée il y a 2 mois 4 semaines 3 heures
Clinical Nutrition
La mise en œuvre d’interventions précoces, chez les personnes âgées atteintes d’obésité et de sarcopénie, pourrait contribuer à repousser l'apparaition de la démence (Visuel Adobe Stock 293063948)

L'obésité sarcopénique liée à la démence chez les patients âgés, concluent ces scientifiques de l'Université Juntendo (Tokyo). L’étude, présentée dans la revue Clinical Nutrition suggère la mise en œuvre d’interventions de prévention précoce, chez les personnes âgées atteintes d’obésité et de sarcopénie, afin de retarder l'apparition de la démence.

 

L'obésité, une maladie majoritairement liée au mode de vie, s'accompagne souvent d'une faible masse musculaire. Cette condition, appelée alors obésité sarcopénique, est caractérisée par la combinaison d’un indice de masse corporelle (IMC) élevé et d’une faible force de préhension.

 

La sarcopénie est caractérisée par une perte progressive de masse et de qualité musculaires associée à l’âge et favorisée par de multiples facteurs, dont la sédentarité, un régime pauvre en protéines, les maladies chroniques et l’hospitalisation. La condition touche environ 46% des personnes âgées de 80 ans et plus. Associée à l'ostéoporose, la sarcopénie accroît la vulnérabilité des personnes âgées, qui sont alors plus exposées aux chutes, aux fractures et à d'autres blessures physiques. Plus largement, cette perte de masse musculaire appendiculaire entraîne un effet évident sur la posture, l'équilibre et le mouvement.

 

On sait déjà que l'obésité sarcopénique est un facteur de risque accru de troubles cognitifs. Cependant, c’est la toute première étude à associer l’obésité sarcopénique au développement de la démence, c’est-à-dire à un état cognitif où les fonctions de mémoire, de réflexion et les capacités sociales diminuent progressivement.

Des marqueurs pour détecter et prévenir la démence

L'étude est menée auprès de 1.615 participants âgés de 65 à 84 ans et répartis en 4 groupes en fonction de leur degré de sarcopénie et d'obésité :

  1. obésité,
  2. sarcopénie,
  3. obésité sarcopénique,
  4. exempts des 2 maladies.

 

La sarcopénie ou une faible force musculaire a été déterminée sur la base d'une force de préhension inférieure à 28 kg chez les hommes et à 18 kg chez les femmes, tandis que le statut d'obésité a été attribué aux patients ayant un IMC > 25 kg/m2. 2 méthodes d'évaluation ont permis d’établir la déficience cognitive légère (MCI) et la démence. Les chercheurs ont pu ainsi évaluer le lien entre ces conditions et les différentes fonctions cognitives. L’analyse révèle que :

 

  • 59,4% des participants ne présentent ni obésité ni sarcopénie,
  • 21,2% souffraient d'obésité,
  • 14,6% de sarcopénie,
  • 4,7% d'obésité sarcopénique.
  • Les participants atteints d'obésité sarcopénique présentent le taux le plus élevé de MCI et de démence, suivis de ceux atteints de sarcopénie, d'obésité et enfin du groupe témoin ;
  • d’autres analyses révèlent que l'obésité sarcopénique est indépendamment associée à une prévalence accrue de MCI et de démence par rapport à l'absence de sarcopénie et d'obésité ;
  • enfin, la sarcopénie est significativement associée à la démence chez les femmes, mais pas chez les hommes.

 

Prises ensemble, ces données démontrent clairement que l'obésité sarcopénique, définie par la combinaison de l'IMC et de la force de préhension est associée à la déficience cognitive légère et à la démence chez les personnes âgées.

« Maintenant que nous sommes conscients de cette forte corrélation,

il nous faut développer de nouvelles interventions pour prévenir l’incidence et la prévalence de la démence ».

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