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OMICRON : De nouveaux sous-variants beaucoup plus résistants

Actualité publiée il y a 1 année 7 mois 3 semaines
The Lancet Infectious Diseases
BA.2.12.1, BA.4 et BA.5 sont les nouvelles sous-variantes émergentes d'Omicron et ces souches sont « moins efficacement inhibées par les anticorps » (Visuel Markus Hoffmann)

BA.2.12.1, BA.4 et BA.5 sont les nouvelles sous-variantes émergentes d'Omicron et ces souches sont « moins efficacement inhibées par les anticorps », conclut cette équipe du Deutsches Primatenzentrum (DPZ)/German Primate Center (Leibniz). En pratique, l’immunité naturelle apportée par de précédentes infections par de plus « anciens » sous-variants omicron (BA.1 et BA.2) apportent peu de protection contre ces sous-variants émergents, en particulier contre BA.5. Ces données, présentées dans le Lancet Infectious Diseases contribuent à expliquer la vague estivale actuellement constatée en Allemagne, mais également dans les autres pays européens.

 

La protéine de pointe du virus SARS-CoV-2 Omicron évolue toujours, par rapport à la protéine de la souche d'origine avec plusieurs nouvelles mutations (en rouge sur visuel), qui lui confèrent un niveau élevé de résistance contre les anticorps « actuels ». La nouvelle sous-variante BA.5 d'Omicron, qui « entraîne » la vague actuelle de cas, s’est enrichie de mutations supplémentaires (en vert).

Des sous-variantes d'Omicron moins efficacement inhibées par les anticorps naturels ou vaccinaux

Les sous-variantes Omicron BA.1 et BA.2 du SRAS-CoV-2 qui ont dominé la pandémie de COVID-19 au début de 2022 sont désormais dépassées par les sous-variantes émergentes, BA.5 étant responsable de la reprise actuelle de l’épidémie. L’équipe a donc cherché à savoir si les "nouveaux" sous-variants d'Omicron BA.2.12.1, BA.4 et BA.5 ont acquis des traits biologiques qui favorisent leur transmission ou s’ils sont toujours bloqués par les anticorps développés suite à de précédentes expositions aux variantes plus anciennes, BA.1 et BA.2.

 

L’étude montre que :

 

  • la plupart des anticorps thérapeutiques disponibles pour le traitement des patients COVID-19 n'inhibent pas du tout BA.2.12.1, BA.4 et BA.5 ou n'inhibent ces nouveaux variants que dans une mesure très réduite : l'anticorps Bebtelovimab constitue la seule exception puisque cet anticorps bloque tous les variants testés avec une grande efficacité ; ainsi, sur 10 anticorps thérapeutiques étudiés, seuls 2 restent capables d'inhiber au moins partiellement les nouveaux sous-variants ;
  • les sous-variants d'Omicron BA.2.12.1 et surtout BA.4 et BA.5 sont moins inhibés que leurs prédécesseurs par les anticorps générés après la vaccination ou même après la vaccination suivie d’une d'infection ; ainsi, les anticorps induits par 3 doses de vaccin à ARNm (BioNTech/Pfizer) ont bloqué tous les sous-variants d'Omicron, mais l'inhibition était moins efficace pour BA.2.12.1, BA.4 et surtout pour BA.5. 2. Des résultats similaires sont relevés pour les anticorps induits par la vaccination plus une infection de percée.

 

BA.2.12.1, BA.4 et BA.5 sont des variants à fort échappement immunitaire : une vaccination avec les vaccins actuels ou une infection par d’anciens sous-variants d'Omicron ne confèrent qu'une protection extrêmement limitée contre l'infection par un nouveau sous-variants. Cet échappement immunitaire s’explique par des erreurs lors de la réplication du génome viral. Ainsi, le virus acquiert des mutations qui modifient les protéines virales, notamment la protéine de surface spike, cible centrale de la réponse anticorps. Dans le cas où les mutations réduisent la reconnaissance de la protéine de pointe par les anticorps, ces variantes deviennent plus aptes à se propager parmi les personnes ayant une immunité préexistante en raison d'une vaccination ou d'une infection passée.

 

Ces résultats montrent à quel point il est urgent de développer de nouveaux anticorps mais aussi de nouveaux vaccins, conclut le chercheur Prerna Arora, auteur principal de l'étude.