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PARATHYROÏDIE ET OS : La bactérie intestinale Bifidobacterium longum amplifie la perte osseuse

Actualité publiée il y a 1 jour 17 heures 13 min
Bone Research
L'abondance de cette bactérie intestinale, Bifidobacterium longum dans le microbiome, est associée à une expansion des cellules T productrices de TNF et des cellules Th17, qui migrent vers la moelle osseuse et accélèrent la résorption osseuse en présence de niveaux élevés d’hormone parathyroïdienne (Visuel Adobe Stock 361532978)

L'abondance de cette bactérie intestinale, Bifidobacterium longum dans le microbiome, est associée à une expansion des cellules T productrices de TNF et des cellules Th17, qui migrent vers la moelle osseuse et accélèrent la résorption osseuse en présence de niveaux élevés d’hormone parathyroïdienne (ou parathormone/PTH). Ce mécanisme, décrypté par une étude du laboratoire du Pr Roberto Pacifici, publiée dans Bone Research, suggère le développement d’interventions sur le microbiote afin de limiter cette perte osseuse.

 

Certains patients atteints d'hyperparathyroïdie primaire développent une ostéoporose sévère tandis que d'autres à niveaux hormonaux similaires conservent une densité osseuse normale.

 

L'hyperparathyroïdie primaire (PHPT) est un trouble endocrinien fréquent caractérisé par une sécrétion excessive de parathormone (PTH). Si certains patients développent une perte osseuse substantielle et encourent un risque accru de fractures, d'autres présentant des niveaux hormonaux similaires conservent une densité osseuse relativement saine. Si cette variabilité inter-individuelle reste inexpliquée, le microbiome intestinal, via son influence sur l'immunité et le métabolisme osseux, était un candidat plausible pour expliquer ces différences.

 

L'un des auteurs principaux, le Pr Roberto Pacifici, précise :« Nous montrons que l'étendue de l'impact de l'hyperparathyroïdie primaire sur le squelette humain est corrélée avec l'abondance de Bifidobacterium longum, un taxon qui induit l'expansion des cellules T TNF+ intestinales et médullaires et des cellules Th17. La présence de Bifidobacterium longum dans le microbiome intestinal et la migration des cellules T TNF+ et Th17 est responsable de la perte osseuse ».

Le microbiome intestinal en cause dans la perte osseuse liée à la PHPT

L'étude, menée auprès de 50 participants atteints de PHPT a combiné les analyses de microbiome, les transplantations de microbiote fécal. Des expériences ont précliniques ont été conduites sur des souris modèles de PHPT. Ces expériences révèlent que :

  • la composition du microbiome intestinal est étroitement associée à la santé osseuse et à l'activité immunitaire chez ces patients atteints de PHPT ;

  • les souris recevant le microbiote de patients ostéoporotiques développent une perte osseuse plus importante et présentent des niveaux plus élevés de cellules immunitaires inflammatoires vs celles recevant le microbiote de patients à os plus sains ;
  • Bifidobacterium longum émerge comme une espèce bactérienne particulièrement influente, son abondance étant associée à une expression élevée de TNF et d'IL-17, molécules inflammatoires connues pour promouvoir la résorption osseuse ;
  • la colonisation de souris modèles germ-free par Bifidobacterium longum stimule l'expansion des cellules T TNF+ et Th17 dans l'intestin et la moelle osseuse et favorise la migration de ces cellules immunitaires de l'intestin vers la moelle osseuse ;
  • en présence de niveaux élevés de PTH, les souris hébergeant Bifidobacterium longum développent une perte osseuse significativement plus importante que des souris témoins ;
  • aucune différence significative dans la composition globale du microbiome n'est observée entre patients ostéoporotiques, ostéopéniques et à densité normale, soulignant
  • l'importance, dans cet effet de perte osseuse, de l'abondance d'espèces spécifiques plutôt que celle de changements plus larges.

 

Quelles implications ? Ces résultats suggèrent que le microbiome intestinal ne se contente pas d'être associé à la santé squelettique mais détermine activement la sévérité de la perte osseuse dans la PHPT.

 

L'identification de Bifidobacterium longum et de signatures immunitaires liées au risque d'ostéoporose ouvre des perspectives de nouveaux biomarqueurs prédictifs mais aussi d’interventions sur le microbiote.

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