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GROSSESSE et ANOREXIE : Prendre aussi en compte le bien-être du fœtus

Actualité publiée il y a 7 mois 1 semaine 4 jours
The Lancet Psychiatry
Les femmes enceintes souffrant d'anorexie encourent un risque accru de mauvais résultats de naissance (Visuel Adobe Stock 427281694)

L’anorexie pendant la grossesse était restée jusqu’à la publication de ces premières lignes directrices mondiales, et en dépit de sa gravité, une condition négligée. Car les femmes enceintes souffrant d'anorexie encourent un risque très accru de mauvais résultats de naissance, dont la mortinaissance, le faible poids de naissance ou la naissance prématurée. Cette équipe pluridisciplinaire de l’Université Monash (Australie) publie, dans le Lancet Psychiatry, les premières recommandations de bonnes pratiques en santé mentale, obstétrique, suivi médical et nutritionnel afin d’optimiser les résultats de santé, à la fois pour les mères et leurs nourrissons.

 

Peu d'études et de directives cliniques ont été publiées sur la prise en charge des femmes enceintes souffrant d'anorexie, rappelle l’auteur principal, le Dr Megan Galbally, directrice du Centre pour la santé mentale des femmes et des enfants à l'Université Monash, « en dépit de la prévalence accrue de l’anorexie mentale chez les femmes en âge de concevoir » : ainsi, on estime qu’1 femme enceinte sur 200 souffre d’une forme d’anorexie, une condition caractérisée par des comportements de restriction ou de boulimie et de purge.

Principes de prise en charge multidisciplinaire de l'anorexie mentale pendant la grossesse.

Les mesures d'évaluation des troubles de l’anorexie, utilisées en dehors de la période de la grossesse, comme le score Eating Disorder Inventory ou le suivi de l’indice de masse corporelle, ont une validité limitée pendant la grossesse. L'évaluation et le suivi de l'anorexie mentale nécessitent une adaptation dans le contexte de la grossesse.

 

L’équilibre alimentaire reste à toutes étapes de la vie, un facteur de mode de vie déterminant pour la santé : La recherche sur la gestion de la santé des femmes enceintes en général a mis en évidence l'importance de la nutrition prénatale maternelle, de la prise de poids pendant la grossesse et du poids à la naissance du nourrisson en tant que facteurs de risque critiques et points d'intervention vitaux pour améliorer la santé tout au long de la vie, y compris dans des domaines tels que les maladies cardiaques, le diabète et obésité. Ainsi, il est clair que l'anorexie mentale peut affecter les résultats obstétricaux et néonataux en raison, notamment, d’un apport calorique insuffisant, de carences nutritionnelles et vitaminiques, le stress, le jeûne, une faible masse corporelle et des problèmes de « fonctionnement » du placenta.

 

Des risques de l'anorexie mentale non traitée ou sous-traitée pendant la grossesse : ces risques, rappellent les auteurs, comprennent des risques psychologiques et psychosociaux, notamment la dépression et l'anxiété périnatales. Au-delà, il a été relevé, chez les femmes atteintes d'anorexie mentale, une augmentation des complications obstétricales : les femmes atteintes d'anorexie mentale pendant la grossesse présentent ainsi,

 

  • un risque d'accouchement prématuré accru de 32 % ;
  • un risque de faible poids de naissance, accru de 69 % ;
  • un risque de mortinaissance multiplié par 2.

 

La nécessité d’une prise en charge pluridisciplinaire : « La prise en charge de l'anorexie mentale nécessite une approche d'équipe multidisciplinaire avec une expertise en santé mentale, en soins médicaux spécialisés et en diététique au minimum ; pendant la grossesse, les experts clés comprennent les gynécologues-obstétriciens, les nutritionnistes-diététiciens spécialisés dans les besoins nutritionnels de la grossesse, les pédiatres et les cliniciens en santé mentale spécialisés en périnatalité ».

 

Si de nombreux principes de prise en charge de l'anorexie mentale chez l'adulte restent applicables à l’anorexie pendant la grossesse, ces principes doivent cependant être adaptés en regard des changements physiologiques, psychologiques et sociaux substantiels de la grossesse. Par ailleurs,

la croissance et le bien-être du fœtus doivent également être pris en considération,

concluent les auteurs.

 

Donc ces recommandations de bonnes pratiques, sont à consulter par tous les experts en santé périnatale.

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