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SUPPLÉMENTS, VITAMINES : « Économisez votre argent ! »

Actualité publiée il y a 2 mois 6 jours 9 heures
Annals of Internal Medicine
Dans les pays riches, environ une personne sur 2 prend au moins une vitamine ou un supplément diététique / nutritionnel par jour.

Dans les pays riches, environ une personne sur 2 prend au moins une vitamine ou un supplément diététique / nutritionnel par jour. « Save your money ! », recommandent ces chercheurs de la Johns Hopkins Medicine qui évaluent ici l’efficacité d’un grand nombre de vitamines et compléments alimentaires pour la santé cardiaque et la longévité en bonne santé. Cette méta-analyse massive des résultats de 277 essais cliniques portant sur 24 interventions différentes révèle en effet l’absence de preuves d’efficacité de presque tous les compléments dont vitamines, minéraux et autres nutriments sur la longévité en bonne santé ou la protection contre les maladies cardiaques.

 

Le constat n’est pas que négatif alors que la plupart des suppléments ne semblent pas non plus entraîner d’effet nocif. L'analyse montre finalement que seul un régime pauvre en sel, les suppléments d'acides gras oméga-3 et, éventuellement, les suppléments d'acide folique peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé. Enfin, les chercheurs ont également découvert que des suppléments associant calcium et vitamine D pouvaient en fait être associés à un risque d'accident vasculaire cérébral légèrement accru.

La majorité des suppléments, y compris les multivitamines, le sélénium, la vitamine A, la vitamine B6, la vitamine C, la vitamine E seule, le calcium seul et le fer ne présentent aucun lien avec une augmentation ou une diminution du risque de décès ou de santé cardiaque.

Les suppléments et les vitamines ne sont pas une panacée 

Les compléments alimentaires ne constituent pas la solution miracle, commente l'auteur principal de l'étude, le Dr Erin D. Michos, directrice adjointe du Service de cardiologie préventive au Centre Ciccarone et professeur de médecine à l'Université Johns Hopkins. « Les gens devraient se concentrer sur une alimentation saine pour le cœur, car les données montrent que la majorité des adultes en bonne santé n'ont pas besoin de prendre de suppléments ».

Cette analyse des données de 277 essais cliniques randomisés évaluant 16 associations de vitamines ou autres suppléments et 8 régimes alimentaires, impliquant au total 992.129 participants, a évalué leurs résultats en termes de mortalité ou de maladies cardiaques, notamment les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques.

Les suppléments examinés comprenaient les antioxydants, le β-carotène, la vitamine B, les multivitamines, le sélénium, la vitamine A, la vitamine B3 / niacine, la vitamine B6, la vitamine C, la vitamine E seule, le calcium seul, la vitamine D et le calcium, l'acide folique, le fer et les acides gras oméga-3.

Les régimes étudiés comprenaient le régime méditerranéen, le régime allégé en graisses saturées (moins de matières grasses provenant de la viande et des produits laitiers), un apport alimentaire modifié en matières grasses (moins de graisses saturées ou le remplacement d’une partie de l’apport calorique par davantage de graisses ou de glucides non saturés), chez les personnes en bonne santé et souffrant d'hypertension artérielle, une augmentation du régime alimentaire à base d'acide alpha-linolénique (ALA) (noix, graines et huiles végétales) et le régime alimentaire amélioré à base d'acides gras oméga-6 (noix, graines et huiles végétales). Chaque intervention a également été classée selon la force de la preuve.

 

 

Une absence d’impact pour la majorité des suppléments : la majorité des suppléments, y compris les multivitamines, le sélénium, la vitamine A, la vitamine B6, la vitamine C, la vitamine E seule, le calcium seul et le fer ne présentent aucun lien avec une augmentation ou une diminution du risque de décès ou de santé cardiaque.

  • Dans 3 études portant sur 3.518 participants ayant suivi un régime alimentaire pauvre en sel chez des personnes présentant une pression artérielle normale, 79 participants sont décédés, ce qui suggère une diminution de 10% du risque de décès avec ce régime alimentaire, soit un impact associé modéré.
  • Dans 5 études portant sur 3.680 participants hypertendus soumis à un régime pauvre en sel, le risque de décès par maladie cardiaque apparaît réduit de 33%, avec 674 décès par maladie cardiaque au cours des périodes étudiées. Cette intervention est donc classée comme à impact modéré.
  • Dans 41 études portant sur 134.034 participants prenant des suppléments d'acides gras oméga-3, 10.707 personnes ont subi des événements cardiaques dont une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. Dans l’ensemble, ces études suggèrent une réduction de 8% du risque de crise cardiaque et de 7% de maladie coronarienne, avec l’utilisation de suppléments oméga-3. Cette intervention est classée comme à faible impact.
  • Dans 25 études portant sur 25.580 participants en bonne santé, les données montrent que l’acide folique est associé à une réduction de 20% du risque d’accident vasculaire cérébral. Cette intervention est classée comme à faible impact. De plus, les études suggérant le plus grand impact de la supplémentation en acide folique sur la réduction du risque d’AVC se sont déroulées en Chine, où les céréales ne sont pas enrichies en acide folique. Cet effet protecteur pourrait ne pas être constaté dans les pays où l’on consomme suffisamment d’acide folique via l’alimentation.
  • Dans 20 études portant sur 42.072 participants, la combinaison de calcium + vitamine D semble associée à une augmentation de 17% du risque d’AVC. La preuve de ce risque est classée comme modérée.

 

 

Le message est simple, concluent les chercheurs. Même si quelques interventions ont un impact sur la mortalité et la santé cardiovasculaire, la grande majorité de ces suppléments voire régimes alimentaires n’entraînent aucun effet mesurable sur la survie en bonne santé ou le risque de maladie cardiovasculaire.

Toute supplémentation doit reposer sur une prescription, concluent les auteurs.

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