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PARKINSON : Contre les symptômes moteurs, l’exercice intense aussi !

Actualité publiée il y a 2 années 11 mois 3 semaines
JAMA Neurology
L'exercice de haute intensité peut retarder la progression de la maladie de Parkinson

 

C'est la première fois que des scientifiques testent les effets de l'exercice de haute intensité sur des patients atteints de la maladie de Parkinson. Et l'exercice de haute intensité peut retarder la progression de la maladie de Parkinson, révèle cette étude de phase II de l'Université du Colorado. A raison de 3 fois par semaine, ce type d’exercice apparaît sans danger et freine la progression des symptômes moteurs.

 

Jusqu’à cette étude, on pensait que l'exercice de haute intensité était trop stressant physiquement pour les patients atteins de la maladie de Parkinson. Pourtant, « si vous souffrez de la maladie de Parkinson et que vous voulez retarder la progression de vos symptômes, une simple marche ne suffit pas mais l'exercice intense, à fréquence cardiaque entre 80 et 85% maximum, pratiqué 3 fois par semaine peut réduire le symptômes moteurs », explique Margaret Schenkman, professeur de physiothérapie à l'Université de Californie et co-auteur de l’étude.

 

Parmi les symptômes les plus handicapants de la maladie de Parkinson, figurent la perte progressive du contrôle musculaire, les tremblements, la raideur, la lenteur et l'altération de l'équilibre. Au fil de la maladie, il peut devenir difficile de marcher et d’accomplir les tâches simples du quotidien. De plus, les médicaments existants pour traiter les symptômes ont des effets secondaires indésirables et présentent une efficacité réduite au fil du temps. Il existe donc un besoin énorme de thérapies complémentaires.  

Cet essai clinique randomisé mené auprès de 128 participants parkinsoniens âgés de 40 à 80 ans, exempts de traitements médicamenteux, montre que l’exercice, à haute intensité, pourrait être l’une de ces thérapies. C’est la première étude à tester chez ce groupe de patients l’exercice de haute intensité, dont on pourrait craindre aussi des effets secondaires- sous la supervision d’un cardiologue pour évaluer la réponse du cœur à l'exercice. L’idée des chercheurs était aussi de pouvoir, avec l’exercice, intervenir plus tôt et de pouvoir mieux prévenir la progression de la maladie. Cet essai montre en effet que cette intervention précoce permet de retarder l'aggravation des symptômes de 6 mois environ. Le programme de 6 mois comportait 3 séances d’exercice par semaine de haute intensité sur vélo statique à 80 à 85% de la fréquence cardiaque maximale ou d’intensité modérée, à 60 à 65% de la fréquence cardiaque maximale, vs groupe témoin ne pratiquant pas l’exercice. Les participants ont été évalués sur une échelle de la maladie de Parkinson allant de 0 à 108. Leur score moyen, au départ de l’étude était de 20. L’analyse montre, à 6 mois que :

  • les patients du groupe exercice de haute intensité maintiennent leur score de Parkinson à 20 ;
  • les patients du groupe exercice modéré augmentent leur score de 1,5 ;
  • les témoins dispensés d’exercice augmentent leur score de 3. Or 3 points sur un score de 20, précisent les chercheurs, c’est « 15% » de symptômes primaires en plus et une vraie diminution de qualité de vie.

 

L’idée est donc de « traiter » par l’exercice au tout début de la maladie et de l’empêcher de progresser. Elle s’appuie également sur les résultats de précédentes études ayant suggéré l'exercice de haute intensité comme bénéfique contre les symptômes moteurs. Cet essai ajoute ainsi aux preuves de l’effet bénéfique de l'exercice dans la maladie de Parkinson.

 

Un essai clinique de phase III doit maintenant reproduire ces données sur un plus grand nombre de participants.

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