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PARKINSON : La maladie pourrait commencer dans l’intestin

Actualité publiée il y a 11 mois 1 semaine 4 jours
Journal of Parkinson's Disease
Cibler l’intestin avec un composé capable d'empêcher l'agrégation de protéine alpha-synucléine pourrait freiner le développement de la maladie de Parkinson

Cette étude met en quelque sorte en pratique, les enseignements de précédentes recherches apportant à la preuve de ce fameux axe intestin-cerveau. Ces scientifiques américains testent l'hypothèse selon laquelle cibler l’intestin avec un composé capable d'empêcher l'agrégation de protéine alpha-synucléine pourrait freiner le développement de la maladie de Parkinson. Ces travaux, prometteurs, présentés dans le Journal of Parkinson's Disease, donnent déjà lieu à des tests de ciblage de l'alpha-synucléine dans les neurones entériques avec un composé existant.

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Les chercheurs de différents instituts de recherche américains et néerlandais rappellent l’enjeu associé à la maladie de Parkinson, un trouble neurologique progressif qui affecte le mouvement, le contrôle musculaire et l'équilibre. La maladie de Parkinson est en effet le 2è trouble neurodégénératif lié à l'âge en termes de prévalence (3% des 65 ans et plus et jusqu'à 5% des 85 ans et plus).

Les agrégats d’alpha-synucléine proviennent du système nerveux entérique (ENS) et remontent jusqu'au système nerveux central (SNC)

Les agrégats d’alpha-synucléine proviennent du système nerveux entérique (ENS) et remontent jusqu'au système nerveux central (SNC)

Les agrégats de protéine alpha-synucléine présents dans l'intestin ont déjà été suspectés de jouer un rôle clé dans le développement de la maladie de Parkinson. L’idée est donc de cibler la formation de ces agrégats dans le système nerveux entérique avec un composé capable d'inhiber l'agrégation et donc de restaurer le fonctionnement entérique. « Il est de plus en plus évident que la maladie de Parkinson pourrait commencer dans l'intestin », explique l'auteur principal, le Dr Michael Zasloff, de l'Université de Georgetown (Washington) : « Nous pensons que des agrégats de protéine alpha-synucléine proviennent du système nerveux entérique (ENS) et remontent des nerfs périphériques jusqu'au système nerveux central (SNC) où ils finissent par causer l'inflammation et la destruction de certaines parties du cerveau. Cibler la formation de ces agrégats d'alpha-synucléine dans l'ENS peut donc ralentir la progression de la maladie ».

 

L'alpha-synucléine est l'une des protéines défensives produites par les nerfs entériques lorsqu'ils rencontrent des infections. Chez les enfants atteints d'infections gastro-intestinales bactériennes aiguës, par exemple, les nerfs intestinaux produisent de l'alpha-synucléine. Chez les enfants qui ont subi une greffe intestinale et qui sont sujets aux infections gastro-intestinales, les neurones entériques produisent également de l’alpha-synucléine. Enfin, dans la cellule nerveuse, l'alpha-synucléine semble envelopper les virus envahissants et perturber leur réplication. Les données récentes montrent ainsi que l'alpha-synucléine est induite dans le cadre d'une infection virale et bactérienne, et remplit une fonction immunitaire en protégeant l'ENS et en alertant le SNC.

 

Cibler l'alpha-synucléine dans les neurones entériques ? Des essais cliniques sont déjà en cours avec un composé appelé ENT-01 (Enterin Inc.), un dérivé synthétique de la squalamine, un composé qui élimine l'alpha-synucléine des membranes des cellules nerveuses et rétablit l'activité électrique normale des neurones entériques. Un essai de phase IIa mené auprès de 50 patients parkinsoniens a montré en 2018 une réduction de la constipation chez plus de 80% des participants- la constipation étant un symptôme courant de la maladie de Parkinson. L’essai a également révélé, ce qui est positif, que l’ENS n’est pas endommagé de façon irréversible chez les patients atteints de la maladie, en dépit de cette constipation durable. Pour les scientifiques, c’est une première démonstration de l’inversion du processus neurodégénératif :

« Au-delà des symptômes intestinaux, des bénéfices possibles ont également été observés dans les symptômes moteurs et non moteurs tels que les hallucinations, la dépression et la fonction cognitive ».

Un essai de phase IIb portant sur 110 patients est en cours.

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